RD Congo : le M23 sommé de quitter Goma

Les dirigeants africains réunis samedi 24/11 à Kampala (Ouganda) ont demandé aux rebelles du M23 d'évacuer Goma sous 48 heures. Le Rwanda et l'Union Africaine sont venus appuyer ce "plan de Kampala" mais les protagonistes congolais ne semblent pas prêts à négocier. La "guerre des communiqués" a repris.

dans
Ce dimanche, l’Union Africaine est venue ajouter à la pression. Dans un communiqué, la présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini Zuma a repris à son compte les décisions du sommet de Kampala, samedi 24 novembre. Elle demande le respect du plan en 10 points qui a été rendu public à cette occasion. Celui-ci prévoit le retrait des rebelles hors de Goma, la capitale de la région du Nord-Kivu qu’ils occupent depuis mardi dernier. Les troupes du M23 doivent se positionner à au moins 20 km au nord de la ville dans les 48 heures.
De son coté, le gouvernement de la République Démocratique du Congo doit s’engager à « écouter, évaluer et prendre en compte les revendications légitimes » des rebelles.
Présent dans la capitale ougandaise, le président congolais Joseph Kabila semble avoir pu plaider sa cause auprès des Chefs d’Etat présents : Yoweri Museveni bien sur, mais aussi les présidents kenyans et tanzaniens. Néanmoins, il manquait à l’appel Paul Kagame du Rwanda, un Etat régulièrement accusé de soutenir les rebelles de l’Est du Congo.
Mais dimanche toujours, c’est de Kigali que ce dernier a fait connaître sa réaction. Il demande lui aussi aux Congolais de respecter le plan de Kampala. « Une bonne base pour le règlement de ce conflit » selon les termes du communiqué cosigné avec son homologue du Congo-Brazzaville en visite au Rwanda.
Il semblerait donc qu’une manière de front régional se manifeste pour faire cesser les violences dans cette région. Pour autant, les acteurs manifestent d’ores et déjà une certaine mauvaise volonté. Présent lui aussi à Kampala, Jean-Marie Runiga, le président du mouvement rebelle M23, n’a pas explicitement rejeté le plan proposé, il estime plutôt que le retrait de Goma ne peut être un préalable aux négociations, seulement un « résultat ». Après une première rencontre avec Laurent Kabila, il insiste sur des négociations directes.
Mais le président congolais est rentré dimanche à Kinshasa. Et la guerre des déclarations a repris. Pour Lambert Mende, porte parole du gouvernement, les rebelles doivent au contraire quitter la ville de Goma avant toute négociation.  « Un impératif majeur et tout à fait incontournable » précise t’il.
Sur le terrain, les rebelles du M23 ne donnent pas de signe de vouloir se retirer. La situation pourrait donc rester bloquée, à moins que l’unité régionale qui s’est manifestée ce week-end ne dépasse le stade des vœux pieux et ne décide de peser vraiment sur les protagonistes congolais.



40 000 déplacés après les combats à Goma et à Saké

25.11.2012récit I. Taoufiqi, montage : C. Harnoy
40 000 déplacés après les combats à Goma et à Saké

Le sommet de Kampala

24.11.2012par Ilhame Taoufiqi, montage : Alexandre Ageneau
Le sommet de Kampala