RDC : Affrontements entre la police et la secte Bundu Dia Kongo

© AP Photo/John Bompengo

Huit personnes soupçonnées d’appartenir à la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo ont été blessées lors de heurts avec les forces de l'ordre à Kinshasa, mardi 14 février 2017.

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Les affrontements ont commencé lundi soir dans la capitale de la République démocratique du Congo, et une opération de police contre des miliciens du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (BDK) était toujours en cours mardi 14 février au matin, d'après la police et des témoins.

D'ores et déjà, "22 personnes ont été interpellées dont 8 blessés graves", a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise.

Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs ont été saisis par les forces de l'ordre, a ajouté l'officier.

Mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte, dont les abords ont été bouclés, selon des riverains. La police cherchait encore à y "extirper les partisans de l'Honorable Mwanda Nsemi" en fin de matinée, selon le colonel Mwanamputu.
 

Appel à l'insurrection contre Joseph Kabila

 

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd'hui au Kongo-Central, sa province d'origine, dans l'ouest de la RDC.

Dans des vidéos publiées récemment sur Internet, il a appelé à l'insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d'une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait "Rwandais".

"Dans deux semaines, je vais frapper", menaçait-il il y a quelques jours dans un message filmé, alors que ses adeptes ont été à l'origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.
 

Bundu Dia Kongo - "Royaume du Congo" en kikongo - prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l'autorité s'étendait sur l'actuel Kongo-central et des territoires aujourd'hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d'une violente opération militaire après avoir mené une série d'attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les "non-originaires".

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l'État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre.