RDC: l'armée poursuit son avancée dans l'Est face au M23

Des soldats congolais, le 29 juillet 2012, à Ribumba, à 25 km de Goma, dans l'Est de la RDC (afp - Phil Moore).
Des soldats congolais, le 29 juillet 2012, à Ribumba, à 25 km de Goma, dans l'Est de la RDC (afp - Phil Moore).

L'armée congolaise, épaulée par les Casques bleus de l'ONU, inflige revers sur revers aux combattants du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où la zone sous le contrôle de la rébellion se réduisait lundi comme peau de chagrin.

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Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont annoncé en fin de matinée avoir repris la base militaire stratégique de Rumangabo, à une quarantaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. Tenue par le M23 depuis plus d'un an, cette base servait de centre de formation régional à l'armée. Elle constitue le dernier verrou avant la frontière ougandaise.

Dans la nuit, c'était la localité de Rubari, proche de Rutshuru (80 km au nord de Goma), qui était tombée aux mains des forces gouvernementales, et dimanche, l'armée avait repris Kiwanja et Rutshuru, deux villes importantes du Nord-Kivu, riche province agricole et minière déchirée par la guerre depuis une vingtaine d'années. Les combats entre le M23 et l'armée avaient repris vendredi, après environ deux mois de trêve, et quatre jours après la suspension des pourparlers de paix entre les deux camps qui se déroulent à Kampala, en Ouganda.

L'ONU, l'Union européenne et les Etats-Unis ont appelé Kinshasa et le M23 a reprendre ces pourparlers, mais le gouvernement, qui a répété à plusieurs reprises sa volonté d'anéantir le M23, ne donne pas l'impression de vouloir s'arrêter en si bon chemin.

Du fait de la progression des troupes gouvernementales, le Mouvement du 23 Mars (M23) ne contrôle désormais plus que quelques centaines de kilomètres carrés limitrophes de l'Ouganda et du Rwanda, deux pays que l'ONU et Kinshasa accusent régulièrement - malgré les démentis des intéressés - de soutenir les rebelles.

Selon des sources militaires étrangères, le nombre des combattants du M23 serait dorénavant inférieur au millier. Ce mouvement était parti d'une mutinerie, en avril 2012, d'anciens rebelles essentiellement tutsi, intégrés dans l'armée en 2009.

Un officier de la Mission de l'ONU (Monusco) a indiqué à l'AFP que les Casques bleus avaient enregistré plus "plus de 70" redditions de combattants du M23 à Kiwanja dimanche. "Les FARDC en ont certainement aussi, et en plus grande quantité", a-t-il ajouté.

"Une vingtaine de rebelles se sont rendus aux FARDC sur l'axe Kiwanja", a indiqué le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l'armée au Nord-Kivu. Il a souligné que d'autres redditions avaient eu lieu à Rumangabo et Rutshuru mais n'a pas été en mesure de les chiffrer.

Aucun commandant rebelle n'avait pu être joint lundi matin.

"Les rebelles doivent déposer les armes". Selon le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, l'armée est entrée sans trop de difficultés dans Rutshuru. Les rebelles "sont désorganisés, tout ça joue pour nous", a pour sa part indiqué l'officier de la Monusco.
"A l'hôpital de Rutshuru, on a reçu une dizaine de blessés, dont un est décédé. Tous étaient des civils", a indiqué un médecin sous le couvert de l'anonymat, ajoutant qu'une femme avait été tuée par balle dans la ville.

A Kibumba, à 25 km au nord de Goma, où l'armée était entrée vendredi, les troupes gouvernementales n'avaient pas encore la situation totalement en main, le M23 conservant une ou plusieurs positions sur une colline à la frontière avec le Rwanda.

Dimanche soir, à Kabagana, à la frontière avec le Rwanda, des déplacés se préparaient à rentrer à Kibumba mais ont dû se raviser face à une intense reprise des combats. Dimanche, le gouverneur Paluku, a annoncé la découverte de deux fosses communes dans cette localité et demandé une "enquête internationale". Le ministère de la Défense a créé une commission d'enquête militaire, qui travaillera avec une "équipe plus outillée" qui sera "dépêchée incessamment" sur les lieux.

Pour M. Paluku, l'offensive des FARDC doit se poursuivre. "La question des négociations, du retour à Kampala, moi, je ne suis pas d'accord. Il y a eu trop de morts, ils (les rebelles) doivent déposer les armes".

Dans un communiqué, la Société Civile du Nord-Kivu, qui a plusieurs fois plaidé pour l'arrêt du dialogue de Kampala, craint pour sa part que "les FARDC reçoivent l'ordre d'arrêter la traque ou de se retirer des cités et agglomérations libérées", comme cela s'est produit auparavant.

Le Nord-Kivu