Afrique

RDC : le commerce illégal du bois pointé du doigt par une ONG

Journaliste : Mehdi Meddeb, correspondant TV5MONDE. 03.05.15.

L'ONG Global Witness a publié, mercredi 3 juin, un rapport accablant intitulé "L'impunité exportée". Dans celui-ci, plusieurs entreprises forestières américaines et européennes sont accusées de commercialiser du bois issue d'une exploitation illégale en République démocratique du Congo.

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Dans son rapport, l'ONG britannique Global Witness montre que des entreprises forestières "portent régulièrement atteinte aux réglementations destinées à protéger les forêts et qu’elles sous-paient leurs taxes". On peut également lire qu'en 2014, "du bois de RDC valant au moins 19,8 millions d’euros a été mis sur les marchés de l’Europe et des États-Unis, malgré les législations commerciales internationales visant à préserver ces marchés".

Selon Global Witness, la France est le deuxième pays exportateur de bois en provenance de RDC, après la Chine. C'est pourquoi, mercredi 3 juin, l'ONG a appelé la France à prendre des "mesures rigoureuses" contre les entreprises, qui, sur son territoire, commercialisent du bois issu d'une exploitation illégale des forêts de RDC. "En vertu du Réglement sur le bois de l'Union européenne (RBUE), les entreprises n'ont pas le droit d'importer du bois qui porte atteinte aux législations du pays producteur", souligne l'organisation de lutte contre le pillage des ressources naturelles dans pays en développement.

L'ONG accuse également la Société industrielle et forestière du Congo (Siforco) et la Société de développement forestier (Sodefor), deux des plus grands groupes de RDC, d'exploiter des concessions "sans permis", de dépasser leurs quotas de coupe, de vendre des "essences officiellement protégées" et de sous-payer leurs redevances.

Joint pas l'AFP, un responsable de Siforco a refusé de réagir à ces accusations. Sodefor a de son côté rejeté les accusations lancées par Global Witness, les qualifiant de "fausses dans (leur) intégralité".