RDC : l'opposant Etienne Tshisekedi de retour au pays

retour Étienne Tshisekedi
©Récit de L. de Matos

Evacué du pays en 2014 à cause de problèmes de santé, l'opposant historique congolais Étienne Tshisekedi était de retour en RDC ce mercredi 27 juillet. Il a été accueilli par un bain de foule alors que le contexte politique reste tendu dans le pays. 

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Vêtu d'un costume sombre, d'une chemise bleu ciel et coiffé de sa légendaire casquette, Etienne Tshisekedi est arrivé ce mercredi 27 juillet à Kinshasa depuis la Belgique où il a passé deux ans en convalescence.

Accompagné de son épouse, il a été accueilli au pied de l'avion par une dizaine de responsables d'opposition, en présence du chef de la police de Kinshasa et d'agents de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco).

L'opposant, âgé de 83 ans, est apparu assez affaibli, et s'est aussitôt engouffré dans une jeep, précédée par des véhicules de police. Escorté par une foule de milliers de partisans, il a mis cinq heures pour rejoindre sa résidence depuis l'aéroport situé à une dizaine de kilomètres. 

L'homme politique encore très populaire

A Kinshasa, Etienne Tshisekedi reste très populaire dans la capitale ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Opposant sous la dictature de Mobutu Sese Seko (1965-1997), et sous le régime de son successeur Laurent-Désiré Kabila (le père de l'actuel chef de l'État congolais), Etienne Tshisekedi était arrivé deuxième de la présidentielle de 2011, dont il avait rejeté les résultats.

"La présidentielle dans le respect du délai constitutionnel", pouvait-on lire sur l'une des banderoles du cortège. En lingala, l'une des langues parlées en RDC, la foule scandait des slogans hostiles au président Joseph Kabila, tels que "Kabila, tu n'es qu'un locataire, le propriétaire est de retour", et "Kabila, saches-le, ton mandat est fini".

Climat politique tendu

Ce retour intervient dans un climat politique très tendu en RDC, l'opposition soupçonnant le président Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au delà du 20 décembre, date de la fin de son mandat.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, et la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat. Mais un arrêt récent de la Cour constitutionnelle l'a autorisé à rester en fonction si la présidentielle censée avoir lieu cette année n'était pas organisée.

Un grand meeting politique de la majorité est prévu vendredi 29 juillet à Kinshasa. Un meeting de l'opposition, qui devrait être présidé par Étienne Tshisekedi, est également programmé dimanche 31 juillet dans la capitale. M. Tshisekedi ne s'est pour le moment pas déclaré candidat au prochain scrutin présidentiel.

L'opposition congolaise divisée

Jusqu'ici, l'opposition congolaise n'a jamais réussi à former un front uni contre le régime de M. Kabila.

Mercredi, un autre opposant au président Kabila, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle et actuellement à l'étranger, a salué dans un tweet le retour de M. Tshisekedi: 
 

Richissime et populaire homme d'affaires, M. Katumbi est passé dans l'opposition en septembre 2015 en même temps qu'il démissionnait de ses fonctions de gouverneur du Katanga (province du sud-est de la RDC démantelée depuis lors), tout en accusant M. Kabila, son ancien allié, de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.