RDC: l'opposant Etienne Tshisekedi est décédé

Le chef de l'opposition de la RDC Etienne Tshisekedi parlant à la tribune lors d'un rassemblement à Kinshasa, le 31 juillet 2016.
Le chef de l'opposition de la RDC Etienne Tshisekedi parlant à la tribune lors d'un rassemblement à Kinshasa, le 31 juillet 2016.
©AP Photo/John Bompengo

Le chef de l'opposition congolaise Etienne Tshisekedi est décédé, ce mercredi 1er février à 84 ans, d'une embolie pulmonaire à Bruxelles où il avait été hospitalisé fin janvier ainsi qu'en 2014. Il était revenu à Kinshasa en juillet dernier. 

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Etienne Tshisekedi avait déjà quitté la RDC en 2014 pour des raisons de santé. Il avait passé alors deux ans en convalescence en Belgique. C'est également là qu'il était retourné pour un bilan de santé, selon ses proches, le 24 janvier dernier. L'opposant congolais est décédé à 84 ans, ce mercredi 1er février, d'une embolie pulmonaire dans la capitale belge. 

Il avait fait un retour remarqué dans le pays le 27 juillet 2016. Coiffé de sa légendaire casquette, Etienne Tshisekedi, accompagné de son épouse, avait été accueilli au pied de son avion par une dizaine de responsables d'opposition, en présence du chef de la police de Kinshasa et d'agents de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco).

> Voir son retour en juillet dernier à Kinshasa. 

Il était alors apparu assez affaibli, et s'était aussitôt engouffré dans une jeep, précédée par des véhicules de police. Escorté par une foule de milliers de partisans, il avait mis cinq heures pour rejoindre sa résidence depuis l'aéroport situé à une dizaine de kilomètres. 

Baron du "mobutisme"

A Kinshasa, Etienne Tshisekedi était resté très populaire ainsi que dans plusieurs autres villes du pays.

L'opposant historique est né le 14 décembre 1932 à Kananga dans le centre du pays a d'abord été l'un des barons du mobutisme. En 1961, il devient l'un des premiers docteur en droit de l'université de Kinshasa. Il salue le premier coup d'Etat de Mobutu, et après le second, en 1965, il devient son ministre de l’Intérieur. L'année suivante, il va justifier publiquement devant une caméra la pendaison de quatre opposants accusés de complot contre Mobutu.

Il participera même en 1967 à la création du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) de Mobutu. 

L'opposant historique

Mais à la fin des années 1970, Tshisekedi change de camp. Il signe en 1980, une lettre contre le régime avec douze parlementaires. Sa carrière politique prend un nouveau tournant. Deux ans plus tard, il créé son propre parti :  l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). 

Condamné à 15 ans de prison, il est amnistié en 1983. Incarcération, libetré surveillée, il résistera pendant 10 ans aux pressions.  C'est aussi cette période qui forge sa gloire. 

En 1992, Etienne Tshisekedi finit par être élu Premier ministre de Mobutu. Mais cela ne dure que quelques mois. Même après la chute de Mobutu Sese Seko en 1997, il reste opposant sous le régime de son successeur  Laurent-Désiré Kabila (le père de l'actuel chef de l'État congolais). 

Le chef de l'UDPS boycott les premières élections pluralistes en 2006. Il participera par contre à l'élection présidentielle de 2011 à laquelle il arrive deuxième et Joseph Kabila, officiellement, premier. Un an après, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne remet en cause la crédibilité de ces résultats.

Il n'aura finalement jamais réussi à conquérir le pouvoir. Avec son décès, l'opposition congolaise est plus affaiblie que jamais. 

Ce mercredi soir, ses partisans ont été empêchés de se réunir au siège de son parti, l'UDPS avant de réussir à franchir les barrages de police. Ils y ont été rejoints par le fils de l'opposant décédé, Félix Tshisekedi. Notre correspondante Francine Mokoko, depuis le siège de l'UDPS, ce jeudi 2 février : 

francine tél siège du parti UDPS
©Notre correspondante Francine Mokoko depuis la RDC. Elle répond à David Delos.

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