Afrique

RDC : Le pouvoir dément la découverte potentielle de 38 sites de fosses communes

rdc congo
TV5Monde/ Francine Mokoko

L'ONU aurait découvert 38 nouveaux lieux possibles de fausses communes dans le Kasaï, en République démocratique du Congo. De son côté, le pouvoir par l'intermédiaire de Lambert Mende, ministre de l'Information rejette ces chiffres et évoque dix sites probables.

dans
Des charniers potentiels ont été identifiés par l'ONU au Kasaï, dans le sud-est du pays. Au total, 38 nouveaux sites de fosses communes, ont été répertoriés selon les déclarations de l'organisation. 

"10 et non 38" nouveaux sites selon le pouvoir

En réaction aux déclarations de l'ONU, Lambert Mende, le ministre de l'Information de la RDC a indiqué qu'il s'agissait "d'une allégation attribuée à des officiels des Nations-Unies faisant état de 38 nouvelles fosses communes". Interrogé par notre correspondante Francine Mokoko, le ministre a annoncé que cinq sites seraient susceptibles d'abriter des fosses communes: " trois sites, notamment à Diboko et deux sites à Sumbula où l’on signale des fosses communes présumées mais dont personne ne peut encore avoir la certitude faute d’exhumation et en raison de l’absence des éléments de la Police scientifique". Lambert Mende rejette le chiffre annoncé par l'ONU. Il indique que le travail mené "porte le nombre total de sites à 10 et non 38".

Au total, au moins 80 fosses communes ont été recensées dans la région, qui a connu une montée de la violence entre les forces de sécurité locales et une milice tribale, les Kamwina Nsapu, depuis septembre.

L' usage disproportionné de la force 

La communauté internationale s'alarme de ces violences, qui ont causé la mort de plus de 3.000 personnes, d'après des chiffres rassemblés par l'Église catholique. 

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco), chargée du maintien de la paix, avait précédemment évoqué un bilan de "plus de 400 morts", alors qu'on estime qu'environ 1,3 million de personnes ont fui leurs foyers dans les provinces du Kasaï.

Les violences ont débuté en 2016 quand Jean-Pierre Mpandi, chef tribal sous le nom de Kamwina Nsapu d'une région située près de la frontière méridionale avec l'Angola, a ouvertement remis en cause l'autorité du gouvernement de Joseph Kabila. 
Kamwina Nsapu a été tué lors d'une opération militaire en août 2016, mais ses partisans ont continué le combat avec l'espoir qu'il vive encore, sa dépouille n'ayant pas été restituée au clan et n'ayant pas reçu les honneurs ou les rites funéraires dus à son rang.

En février, l'ONU a accusé les rebelles Kamwina Nsapu d'enrôler des enfants soldats et de commettre des "atrocités", tout en dénonçant l'usage disproportionné de la force par l'armée congolaise face à des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres.

En mars, deux experts onusiens - l'Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan - missionnés par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour enquêter sur ces violences ont été assassinés dans le Kasaï-central. Le procès de leurs assassins présumés est en cours à Kananga, capitale du Kasaï-central.
Le gouvernement a accusé les rebelles Kamwina Nsapu d'avoir commis ces meurtres.
Les violences dans le Kasaï, qui impliquent des miliciens, des soldats et des policiers, mettent à mal un pouvoir central fragilisé par une crise politique liée au maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre.