Afrique

RDC : qui sont ces "combattants" qui s'opposent au président Kabila ?

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JRI : Laura Mousset ©TV5MONDE

Ils font partie de la diaspora congolaise et s’opposent, parfois violemment, à ce qui représente le pouvoir en place en RDC. Dernière action en date : une manifestation à Paris qui a aboutit à l’annulation du concert d’un chanteur congolais. Qui sont ces militants congolais ? Explications.

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Nouveau coup de force du mouvement Résistant combattant congolais (RCK). Réunis à Paris, à quelques pas de la salle de concert de l’Olympia, des centaines d’opposants au président Kabila ont manifesté, samedi 15 juillet, pour l’annulation du concert d’Héritier Watanabe. Ce chanteur congolais est accusé d’être au service du pouvoir de Kinshasa. 

"Ces musiciens congolais, qui normalement doivent arranger la population, doivent sensibiliser la population pour qu’elle se lève, qu’elle mette fin au régime dictatorial et sanguinaire en place chez nous, ces musiciens congolais sont devenus des chantres du pouvoir", regrette Wilkens Alhongo, un manifestant belge. "Derrière ce concert, c'est la main-mise de Kabila", assure de son côté Blandine Diafutua, secrétaire générale et porte-parole du RCK.

Après des heures de mobilisation, le concert a bel et bien été annulé par la Préfecture de police... sous les applaudissements des manifestants. Le 22 juin dernier, la préfecture avait déjà interdit le concert d’un autre artiste congolais Fally Ipupa à la Cigale, après des menaces similaires.
 

Interdire les "distractions" 

S’opposer aux concerts d’artistes congolais proches du pouvoir est une manière pour les combattants du RCK de dire "non" aux "distractions". "Nos père, nos mères sont en train de se faire tuer et ces concerts sont là pour nous endormir!", s'insurge Debora Nkulu, une opposante congolaise. "Nous sommes en deuil", confirme Martin Sali, président du mouvement RCK.

La RDC est, en effet, en proie a des massacres depuis plusieurs semaines dans la région du Kasaï centrale. Ces violences impliquent des miliciens, des soldats et des policiers. Plus de 3 000 personnes seraient mortes et il y aurait plus d'1,3 millions de déplacés, d'après les chiffres de l'Eglise catholique. Des dizaines de fosses communes ont également été découvertes. 

Selon ces opposants radicaux, Joseph Kabila, l’actuel président dont le mandat a officiellement pris fin le 20 décembre 2016, est responsable de ces violences qui secouent le pays. 

Le mouvement des Résistants combattants Kongolais (RCK) combat d’ailleurs ce qu’il appelle "le régime dictatorial et illégitime de Kabila". Mais pas seulement. Les militants s’opposent également aux "anti-valeurs" que sont la corruption, les arrestations arbitraires et réclament un Etat de droits. Ils se battent aussi contre les pays étrangers et les multinationales qui "pillent et détruisent" leur pays.
 

Des actions, parfois "musclées"

Pour mener à bien leur lutte, les combattants mènent des actions en Europe, et plus particulièrement en France. Manifestations, sit-ins, blocages… ils sont à l’origine de nombreuses initiatives.

Parmi les plus médiatiques : l’attaque au ketchup de l’ambassadeur de RDC à Paris en avril 2015. Un groupe de 5 personnes s’était introduit dans l’ambassade pour asperger l’ambassadeur de cette sauce rouge symbolisant le sang des victimes congolaises. A cette époque, une fosse commune de 400 corps avait été retrouvée près de Kinshasa. Les militants avaient filmé leur intervention avant de la poster sur internet.
 



Le RCK mène souvent des actions conjointes avec des collectifs du Congo-Brazzaville qui possèdent des revendications similaires et critiquent la "dictature" du président Denis Sassou N’guesso. Parmi les mouvements les plus connus, il y a le collectif Sauvons le Congo. 
 

Notre but est d'attirer la communauté internationale Donald Emperator, coordinateur du mouvement Sauvons le Congo

Ce mouvement est réputé pour ses actions "musclées". Il est notamment à l’origine de l’attaque à la voiture bélier et aux coktails molotov de l’ambassade du Congo-Brazzaville à Paris en juin 2016. "Notre but est d’attirer l’attention de la communauté internationale", explique Donald Emperator, coordinateur du mouvement.

Selon lui, la lutte contre les "dictateurs africains" passe essentiellement par l'action collective. "Nous sommes un même peuple, nous avons les mêmes problèmes. Nous y arriverons en agissant ensemble et non pas chacun de notre côté", assure-t-il.