Afrique

RDC : un nouveau chef coutumier désigné au Kasaï

©capture d'écran / Kasaï direct

La désignation du successeur du chef coutumier défunt du Kasaï dont les partisans s'affrontent avec les forces de sécurité  congolaises, pourrait laisser entrevoir la cessation des violences. Jacques Kabeya Ntumba succèdera à Kamwina Nsapu, tué en août 2016 par l'armée.

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"L'arrêté qui désigne Jacques Kabeya Ntumba, chef coutumier de Bajila Kasanga pour succéder à Jean-Pierre Mpandi est signé. On attend son arrivée à Kananga pour le lui remettre", a déclaré mardi 18 avril à l'AFP Louis d'Or Balekelayi, conseiller en communication du ministre de l'Intérieur congolais.
 
Cette annonce intervient après la remise du corps, réclamée par ses partisans, à sa famille samedi dernier du chef défunt Kamwina Nsapu, de son vrai nom Jean-Pierre Mpandi. Kamwina Nsapu avait été tué en août par l'armée, et la non restitution de sa dépouille avait déclenché un conflit entre ses partisans et les forces de sécurité dans la région du Grand Kasai (centre), faisant des centaines de morts.
 

"Le corps de Kamwina Nsapu a été exhumé et remis samedi à sa famille qui l'a enterré dans son village", a indiqué M. Balekelayi.

Le lendemain, un porte-parole de la famille régnante a déclaré "solennellement la fin de la guerre contre le gouvernement" à la télévision d'État.
 

Mardi, dans une déclaration sur la télévision d'état, le ministre de l'Intérieur, Ramazani Shadary a estimé que la restitution du corps du chef, son enterrement conformément aux rites coutumiers et la désignation d'un successeur à la tête des Bajila Kasanga, (la communauté de Kamwina Nsapu) marquait la fin du conflit, qui a fait des centaines de morts.

23 fosses communes

L'ONU a indiqué début avril avoir découvert 23 fosses communes au Kasaï. Le corps de deux enquêteurs missionnés par le secrétaire général de l'ONU dans le Kasaï ont été retrouvés le 28 mars, seize jours après leur enlèvement avec quatre accompagnateurs congolais.
 

La rébellion Kamwina Nsapu a été accusée par l'ONU de recruter des enfants et d'avoir commis de nombreuses atrocités. En face, les forces de l'ordre se voient reprocher par l'ONU de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres. Elles ont été mises en causes en février sur internet dans des vidéos montrant des massacres présumés de rebelles.
 
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