RDC : un rapport de l'ONU dénonce les violences perpétrées par les forces de sécurité du pays

L'ONU accuse les forces de sécurité de la République démocratique du Congo d’avoir tué des dizaines de personnes et blessé des centaines d’autres, lors des manifestations qui ont eu lieu en septembre à Kinshasa. L'organisation internationale dénonce également les restrictions imposées par les autorités du pays à son travail d'enquête. 

dans

Dans un rapport, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNDUH) a documenté plus de 442 victimes de violations des droits de l'homme par des agents étatiques. Mais le "nombre de ces violations pourrait être beaucoup plus important".

L'ONU dénonce "un usage disproportionné et excessif de la force, y compris létale, par les autorités congolaises en réponse aux manifestations organisées par les membres de l'opposition" Le 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes (49 civils et 4 policiers) ont été tués, selon l'ONU lors d'une manifestation à l'appel d'une large coalition d'opposition. Le "Rassemblement" s'est constitué autour de l'opposant historique Etienne Tshisekedi à trois mois de la fin du mandat du président Joseph Kabila pour lui signifier son "préavis" et exiger son départ. 

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011 à l'issue d'un scrutin  marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l'incapacité des autorités - volontaire, selon les détracteurs du chef de l'Etat - à organiser l'élection présidentielle avant la fin de l'année.

Par ailleurs, l'ONU dénonce les "restrictions" imposées par les autorités à son travail d'enquête : "Les équipes du BCNUDH se sont notamment vues refuser, sur instruction de hauts fonctionnaires, l'accès à certains centres de détention ainsi qu'à des registres officiels de certaines morgues et hôpitaux publics depuis le 21 septembre 2016"