Sénégal : des mois de tensions croissantes

Après plusieurs semaines de tensions et de violences pré-électorales, le Sénégal se rend ce dimanche aux urnes. Election présidentielle. Entre un vieux président qui s'accroche au pouvoir et une opposition qui s'estime lésée, jamais présidentielle sénégalaise n'aura été aussi explosive.

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Le Sopi, le changement. C'est ce qu'incarnait Abdoulaye Wade en 2000 lors de son arrivée à la tête du Sénégal après quatre décennies de pouvoir socialiste incarné par deux présidents, Senghor et Diouf.
Dix ans après, le changement, c'est précisément ce que réclament les Sénégalais qui manifestent depuis plusieurs mois dans les grandes villes du pays. Dans un premier temps, le point de crispation s'est appelé Karim. Le fils du président, soupçonné de vouloir se faire installer par papa à la tête du pays. Illustration de cette crispation, une poignée de main en mai 2011 en marge du sommet du G20 à Deauville. Elle va défrayer la chronique comme nous le raconte Guillaume Villadier le 1er juin 2011.

Sénégal : des mois de tensions croissantes

Quelques jours plus tard, le 23 juin, à Dakar, des manifestations tourneront à l'émeute. La rassemblement avait été organisé pour protester contre un projet de réforme constitutionnelle. La réforme vise à élire en même temps un président et un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour. Réforme sur mesure pour la future dynastie Wade, estime l'opposition. Face à la violence de la contestation, le président retirera son projet. De cette victoire politique naîtra le mouvement du 23 juin, le M23, sous l'impulsion de l'opposition et de la société civile.

Janvier 2012 : l'étincelle

Qui est autorisé à se présenter à la présidentielle ? C'est à cette question que doit répondre le Conseil consitutionnel le 27 janvier dernier. Sa réponse déclenche la colère des opposants au président Wade. Et pour cause : la candidature de la vedette Youssou NDour est rejetée. En revanche, validation de la candidature d'Abdoulaye Wade. Selon l'opposition, cette candidature est pourtant contraire à la Constitution, le président sortant ayant déjà effectué deux mandats. Le 28 janvier, le journaliste Ousmane NDiaye vient sur le plateau de TV5Monde livrer son analyse à Isabelle Malivoir.

Sénégal : des mois de tensions croissantes

Les Y'en a marre dans le viseur

La campagne officielle démarre le 5 février. Neuf jours plus tard, la police interdit un rassemblement du collectif. Les 15 et 16 février, des manifestations interdites sont dispersées, des jeunes sont arrêtés. La colère va crescendo. Elle atteint des sommets le samedi 18 février lorsqu'un policier lance des grenades lacrymogènes dans une mosquée. A une semaine du vote, Dakar et plusieurs villes du pays s'embrasent...