Procès Hissène Habré : fin des auditions des témoins et des parties civiles

Le dictateur Hissène Habré, lors de son procès le 20 juillet 2015, à Dakar
Le dictateur Hissène Habré, lors de son procès le 20 juillet 2015, à Dakar
(AP Photo/Ibrahima Ndiaye)

Au Sénégal, l'audition des témoins et des victimes au procès historique de Hissène Habré devrait se terminer le 15 décembre. Au total, 98 témoins et parties civiles auront été auditionnés. Human Rights Watch publie un rapport à cette occasion

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"Pour la première fois, les juridictions d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits de l'Homme " a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille avec les victimes du régime Habré depuis 1999. « Après une longue quête de 25 ans pour obtenir justice, les survivants ont enfin pu témoigner à la barre du tribunal, et Habré a eu la possibilité de se défendre. « Chaque jour, le public tchadien a regardé son ancien président sur le banc des accusés, pendant que des preuves des crimes allégués étaient présentées ». Habré n’a pas été traduit en justice parce que l’actuel gouvernement tchadien le voulait particulièrement, mais parce qu’un groupe de survivants et d’activistes tchadiens courageux ont lutté pour qu’il y soit amené. »

Aucune protection des témoins

Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avant de s’exiler au Sénégal. Il est jugé par les Chambres africaines extraordinaires pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.
Le procès, et la chose est unique dans l'histoire judiciaire africaine,  est retransmis en direct sur internet et diffusé à la télévision nationale au Tchad (RTS).
Une facilité qui a permis à plus de 250 000 personnes de se connecter pour suivre les audiences  en streaming sur YouTube et sur le site des Chambres africaines extraordinaires (CAE).
 
Mais "Aucune mesure n’a été mise en œuvre pour la protection des témoins" déplore Human Rights Watch. Et trois de ces femmes qui ont accepté de témoigner des violences subies ont  été ensuite insultées ou menacées sur le site officiel de Hissène Habré. L'une s'est vue  traitée de  " Menteuse", de "Salope complètement cinglée", de "Prostituée au service de l’armée libyenne", une autre de "collabo"  etc.

Selon  l'ONG de défense des droits de l'homme, les conclusions des avocats devraient être déposées en janvier, avant les plaidoiries en février, suivies du verdict fin mai.