Afrique

Somalie : le bilan de l'attentat de Mogadiscio s'alourdit encore

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©TV5MONDE / S.Roussi, F.Rassinoux

Le bilan de l'explosion du samedi 14 octobre 2017 dans le centre de Mogadiscio, en Somalie, s'élève à près de 300 morts. Un deuil national de trois jours a été décrété après cet attentat à la voiture piégée, considéré par les Somaliens comme le pire de l'Histoire de leur pays.

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Au moins 276 personnes ont été tuées et plus de 300 autres blessées (selon un bilan officiel publié lundi 16 au matin) dans un violent attentat au camion piégé samedi 14 octobre 2017 dans le centre de Mogadiscio, ce qui en fait l'attaque la plus meurtrière de l'histoire de la Somalie, selon un responsable somalien. Selon un tweet de Abdirizak Omar Mohamed, ancien ministre de la sécurité intérieure de la Somalie, qui a visité les hôpitaux de Madina et Ordegon avec d'autres députés, "le nombre de décès de deux hôpitaux est de 231 morts".
Un peu plus tôt dans la journée, des responsables de sécurité somaliens avaient donné un premier bilan provisoire de 137 morts et 300 blessés. "Nous obtenons différents chiffres pour les victimes de la part des centres médicaux, mais nous avons confirmé pour l'instant 137 (morts), la plupart brûlés au point de ne pas être reconnaissables. Le bilan des morts peut être encore plus élevé, car il y a plus de 300 blessés, pour certains d'entre eux grièvement", a déclaré un responsable de la police, Ibrahim Mohamed. 

"Il est très difficile d'avoir un chiffre précis parce que les cadavres ont été emmenés vers différents centres médicaux, et certains d'entre eux ont été enlevés directement par leurs proches pour être enterrés", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agissait du "pire attentat" ayant jamais frappé la Somalie.

Une tragédie sans précédent...

Cet attentat au camion piégé est survenu en milieu d'après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels. La très forte explosion a violemment endommagé les bâtiments situés à proximité. Toute la nuit et dans la journée de dimanche, les secouristes ont fouillé les décombres des immeubles touchés, pour essayer de retrouver de nouveaux corps, et le bilan pourrait encore augmenter. 

"Ce que j'ai vu dans les hôpitaux que j'ai visités est indicible. On continue à retrouver des corps et je demande à chacun de venir aider. Les gens sont dans une situation difficile", a déclaré le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed. "Il n'y a pas de pire tragédie que quand quelqu'un vient voir le corps d'un proche décédé et ne peut pas le reconnaître."
"Tous les hôpitaux de Mogadiscio sont remplis des victimes de l'explosion. Ce qui s'est passé hier (samedi) est une tragédie sans précédent"
, a déclaré de son côté Abdukadir Haji Aden, directeur du principal service ambulancier de Mogadiscio.
            
Le ministère qatarien des Affaires étrangères a pour sa part indiqué dimanche 15 octobre 2017 sur son compte Twitter que sa mission à Mogadiscio avait été touchée et gravement endommagée par l'explosion, et son chargé d'affaires blessé. Selon l'Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), un caméraman pigiste, Ali Nur Siyaad, a été tué dans l'explosion, et quatre autres journalistes ont été blessés.​

Une attaque menée par les Shebab, selon Farmajo

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a visité dimanche matin l'hôpital Erdogan, où il a donné son sang pour les victimes et où les médecins lui ont dit avoir admis 205 patients, dont plus de 100 avec des blessures graves. 

M. Farmajo a décrété un deuil national de trois jours et pointé du doigt les Shebabs, groupes d'islamistes somaliens, liés à Al-Qaïda. "Cela montre a quel point ces éléments violents sont sans pitié pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s'occuper de leurs affaires", a-t-il déclaré dans un discours télévisé.
 
C'est une attaque horrible menée par les shebab contre des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo         

Pas de revendication 

L'explosion s'est produite devant l'hôtel Safari, un établissement populaire qui n'est d'ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. Habituellement, les islamistes shebab ciblent plutôt les hôtels dans lesquels résident les responsables officiels. Cet attentat n'a cependant pas encore été revendiqué par les shebab ou aucun autre groupe. Les shebab, liés à Al-Qaïda, lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs. 

Liés à Al-Qaïda, les shebab ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l'Union africaine (Amisom). Ils lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs, mais n'ont toutefois pas revendiqué cet attentat - ni aucun autre groupe, d'ailleurs. L'explosion s'est produite devant l'hôtel Safari, un établissement populaire qui n'est d'ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. Habituellement, les islamistes shebab ciblent plutôt les hôtels dans lesquels résident les responsables officiels.

Chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales, d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères. L'attentat de samedi a eu lieu un jour après l'annonce de la démission, sans explications, du ministre de la Défense et du chef de l'armée.