Afrique

Sommet Europe-Afrique en Côte-d'Ivoire : un plan Marshall pour l'Afrique ?

Antonio Tajani, président du Parlement européen, à Abidjan pour le sommet Europe-Afrique.
Antonio Tajani, président du Parlement européen, à Abidjan pour le sommet Europe-Afrique.

A Abidjan, Emmanuel Macron rejoint ce mercredi 29 novembre ses homologue de l'Union européenne et du reste de l'Afrique pour le sommet Union européenne-Union africaine. Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ne réclame rien de moins qu'un "plan Marshall" pour l'Afrique. Entretien pour TV5MONDE.

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Quelque 83 chefs d’Etat et de gouvernement, 5000 participants des 55 pays d'Afrique, de 28 pays d'Europe, de l'ONU et des organisations internationales sont attendus ce mercredi 29 novembre dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan. La Côte d'Ivoire accueille pendant deux jours le cinquième sommet Union européenne (UE) - Union africaine (UA), qui place l'immigration, la lutte contre le terrorisme et le chômage des jeunes, en tête de son agenda. Objectif numéro un : donner un meilleur avenir à la jeunesse africaine.

Faire rêver les jeunes

Pour Antonio Tajani, président du Parlement européen, l'Europe a tout à gagner si elle s'engage pour développer l'économie africaine. "Les problèmes de la jeunesse en Afrique sont une priorité, mais le continent recèle un potentiel de croissance est formidable, et c'est une immense opportunité. Il faut compter sur les jeunes d'Afrique, mais aussi leur donner l'espoir, les faire rêver, leur laisser entrevoir un avenir sûr", insiste-t-il au micro de Ange Hermann-Gnanih pour TV5MONDE. 

L'Afrique doit redevenir une priorité ?

L'Europe, ces derniers temps, a beaucoup regardé la Chine et la Russie, aux dépens de l'Afrique. Ainsi, le sommet d'Abidjan peut être une nouvelle phase, explique le président du Parlement européen. "Un sommet tous les trois ans, c'est insuffisant. Il faudrait se réunir au moins tous les deux ans. Les décisions prises doivent être mises en oeuvre de façon immédiate et développée au niveau sectoriel," déclare-t-il. "J'ai récemment visité une usine de chocolat en Côte d'Ivoire, où travaillent 1200 personnes. Un investissement français. C'est un exemple à suivre pour réduire le chômage et l'immigration : des investissements intelligents et une diplomatie économique."

Un plan Marshall pour l'Afrique ?

Un plan d'aide financier est incontournable dans l'intérêt de tous, pour l'Europe, qui doit agir contre le terrorisme et "ne peut pas accueillir des millions de personnes". Les ambitions européennes sont encore trop modestes, pour Antonio Tajani : "Les 3,4 milliards d'euros prévus aujourd'hui doivent passer à 40 milliards, avec un effet levier pouvant aller jusqu'à 500 milliards d'euros."

Avec l'aide de la banque européenne d'investissement, le président du Parlement veut que l'UE participe au développement, avant tout, d'infrastructures en Afrique : chemin de fer, électricité, autoroutes... "Avec une vraie stratégie coordonnée avec les Africains. Avec les matières premières que possède l'Afrique, nous pouvons trouver un terrain de coopération et un mode opératoire."

Mobilité scientifique

En parallèle du sommet Europe-Afrique, un rassemblement se déroule à la mairie de Cocody, visant à promouvoir la science et la mobilité scientifique en Afrique. Un événement organisé par les porteurs de l'appel d'Abidjan 2017, pétition lancée par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de Côte d'Ivoire. Objectif : interpeller les décideurs africains sur les problèmes de la recherche scientifique sur le continent. L'initiative est soutenue par l'Institut de recherche pour le développement, dont le président, Jean-Paul Moatti, est notre invité :