Afrique

Soudan du Sud : quel sort pour les réfugiés ?

Des réfugiés dans le Kordofan du sud /AFP
Des réfugiés dans le Kordofan du sud /AFP

Ils sont 12000 sud-soudanais à qui le voisin du nord vient de demander de partir. 12000 réfugiés de plus dans une région troublé. Dimanche dernier, le Soudan a ainsi déclaré « l’état d’urgence » pour trois États du sud du pays.
Entretien avec Teresa Ongaro, porte-parole du UNHCR dans le Soudan du Sud.

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Dans quelle mesure l'afflux des réfugiés a-t-il augmenté depuis la reprise des tensions entre le Soudan et le Soudan du sud en avril 2012 ?
Teresa Ongaro : Nous n’avons pas vu de lien direct entre les batailles récentes à Heglig et le mouvement de réfugiés. Pour être honnête, nous ne pouvons pas parler de la réalité à l’intérieur du Kordofan du Sud [au Soudan] sauf de ce que les réfugiés nous racontent. Les humanitaires et la communauté internationale n’ont pas pu se rendre dans la zone de conflit du Kordofan du Sud depuis de nombreux mois.
Les cibles de bombardement étaient l’Etat de l’Unité ces deux dernières semaines au  moins. Les aires de réfugiés ne sont pas affectées directement.

Une mère et son enfant dans un camp de réfugié de Yida, Soudan du sud / AFP
Une mère et son enfant dans un camp de réfugié de Yida, Soudan du sud / AFP
Viennent-ils toujours dans les camps de réfugiés ?

Les réfugiés ont continué à entrer au Soudan du Sud  aussi régulièrement qu’ils ont commencé à le faire depuis l’année dernière.  Dans le camp de Yida [Soudan du sud], nous avions en moyenne 80 nouveaux arrivants par jour en février et mars. Pendant le mois d’avril, cette moyenne a atteint 300 personnes par jour. Selon les témoignages des réfugiés, ils viennent au Soudan du Sud à cause du manque de nourriture. Certains réfugiés parlent du conflit comme raison de leur fuite mais la  majorité d’entre eux parle de carences alimentaires.  La seule chose que je peux vous dire, c’est que nous voyons un nombre croissant de cas de malnutrition parmi les nouveaux arrivants.


Quels soins apportez-vous aux réfugiés ?

Ils reçoivent tous le même type d’aide : de la nourriture, des produits de première nécessité comme des matelas, des seaux, des ustensiles de cuisine, des services de santé, de l’eau, des services sanitaires. Pour ceux qui sont malnutris, ils reçoivent un programme de nourriture spécifique.

Qui sont ces réfugiés ?

Ce sont majoritairement des femmes et des enfants qui quittent leur pays [le Soudan].


Un réfugié dans un camp du UNHCR / AFP
Un réfugié dans un camp du UNHCR / AFP
Alors, d’où viennent ces réfugiés si ce n’est de la région pétrolière frontalière, lieu des récents conflits ?

Un conflit a débuté en mai dernier au Kordofan du Sud ,  à cause de résultats d’élection très disputés. Suite à ces conflits politiques internes au Soudan, les gens du Kordofan du Sud, des montagnes du Nuba, ont fui vers le sud dans l’Etat de l’Unité. Au moment où nous parlons, il y a près de 23 000 réfugiés des montagnes de Nuba dans l’Etat de l’Unité . La majorité d’entre eux sont dans le camp de réfugiés de Yida [Soudan du Sud], où ils sont estimés à 26 000 réfugiés, proche de la frontière avec l’Etat de l’Unité. Et 10 000 sotn arrivés à Yida depuis mi-février.

Nourrissez-vous des inquiétudes à l’égard des réfugiés de Yida ?

Nos inquiétudes à l’égard des réfugiés qui viennet des montagnes de Nuba sont sécuritaires parce que Yida est près de la  zone de Jaw, une région disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud. Il y a régulièrement des frictions entre les groupes de combattants des deux côtés. Nous sommes inquiets pour leur sécurité, inquiets qu’ils puissent être la cible directe ou indirecte de bombardements comme cela est déjà arrivé dans le passé. 

Réactions de la communauté internationale

Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a exigé lundi 30 avril que les combats cessent "immédiatement et sans conditions". Le Conseil de sécurité de l'ONU saisi d'un projet de résolution menace de sanctions économiques.
L’Union africaine a, de son côté, exhorté les deux pays la semaine dernière à reprendre  les négociations sous peine « des mesures appropriées ».

Les zones de conflit (AFP)