Sud-Soudan : une indépendance sur fond de tensions

AFP, Phil Moore

À l'occasion de la proclamation d’indépendance du Sud-Soudan, Juba revêtira samedi ses habits de fête. Mais l'apparat de la capitale du 54e État africain ne masquera pas les problèmes en suspens. Après 50 ans de luttes contre le pouvoir central musulman de Khartoum, le Sud-Soudan affronte toujours son voisin du Nord, notamment au sujet des frontières.

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Depuis quelques mois, les violences avec le Nord se sont ravivées dans plusieurs zones frontalières. Les combats font rage dans l’État du Kordofan-Sud, situé au Nord mais dont une partie des habitants ont combattu aux côtés des Sudistes pendant la guerre civile (1983-2005). Selon un bilan de l'ONU, ces violences ont fait plus de 2.360 morts depuis le début de l'année dans la région autonome du Sud-Soudan. 

Les ex-rebelles sudistes accusent le président soudanais Omar el-Béchir de saboter tous les efforts en vue d’un cessez-le-feu. La semaine dernière à Addis Abeba, le président de la branche nord du SPLM (ex-rebelles sudistes), Malik Agar, a signé un accord avec un proche conseiller de M. Béchir, Nafie Ali Nafie, qui a suscité l'espoir d'aboutir à une solution durable pour le Kordofan-Sud et l'Etat voisin du Nil Bleu, où vivent aussi de nombreux partisans du SPLM. Mais Béchir a exclu tout accord avec la branche nord du SPLM avant la cessation des combats dans cet Etat.

Les États-Unis et l’Union européenne demeurent préoccupés par la poursuite des combats. Ils demandent une cessation immédiate des hostilités pour permettre l’accès des humanitaires dans la région.  

La délimitation des frontières n’est pas le seul sujet sensible. Le partage des revenus du pétrole ou le statut des citoyens du Sud qui résideront au Nord sont également facteurs de dissensions.