Togo : des manifestations de l'opposition violemment réprimées

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Commentaire : L. De Matos ; Images : E. Sodji ; Montage : E. Marty

La police a dispersé ce samedi à coups de gaz lacrymogènes des partisans du Parti national panafricain (PNP) qui tentaient de se rassembler pour une manifestation dans les rues de Lomé, la capitale. Des rassemblements ont également eu lieu dans d'autres villes du pays. Le but : demander des réformes politiques dans ce pays dirigé par la même famille depuis un demi-siècle. Au moins deux personnes sont décédées. 

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C’est une histoire de parcours, selon les autorités. A l’appel du Parti national panafricain (PNP), des milliers de manifestants ont investi le lieu prévu pour le rassemblement sur un axe stratégique de la capitale. Ils ont pourtant été rapidement dispersés à coups de grenades lacrymogènes les autorités jugeant que la manifestation n’avait pas été autorisées (voir le sujet en haut de l’article).

La veille, les ministres de la Sécurité  et de l’Administration territoriale avaient proposé un itinéraire aux organisateurs mais ceux-ci ont refusé et maintenu leur propre itinéraire. Un itinéraire qui, selon les ministres, visait à bloquer les activités de la capitale, Lomé.

Ce parti d’opposition avait également prévu des rassemblements dans d’autres villes du pays qui ont également été dispersées. Les affrontements entre les manifestants et la police ont fait au moins 2 morts, selon la police, 5 selon l'opposition, à Sokodé dans le centre du pays. Le fief de Tikpi Salifou Atchadam, patron du PNP. 

En politique depuis trente ans, mais considéré comme une figure montante de l'opposition, il tente de faire plier le pouvoir en place afin que celui-ci revienne à la Constitution de 1992. Il souhaite réintroduire une limitation des mandats présidentiels à 10 ans au plus. Ainsi, l’opposition exige un mode de scrutin à deux tours, une recomposition de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale. 

Avec un langage bien à lui et un parcours atypique, Tikpi Salifou Atchadam mobilise les foules s'appuyant sur sa communauté Tem, de sensibilité musulmane. Orateur confirmé, il a rempli le stade de Sokodé. Il entend réussir à faire ce que la coalition d’opposition n’a pas réussi jusqu’ici. Le Combat pour l’alternance politique (CAP), demande des réformes depuis au moins dix ans. Le tribun se dit déterminé face à un adversaire de taille. 

Le président Faure Gnassigbé a succédé à son père, Gnassigbé Eyadéma en 2005. Cela faisait 38 ans que ce dernier était au pouvoir. Son fils a été réélu en 2010 et en 2015 lors de scrutins très contestés par l’opposition.

Afin de faire un geste, le président Gnassigbé a nommé une Commission où ne figure pas l’opposition. Cette commission a entamé depuis le 31 juillet des consultations à travers le pays. Objectif : recueillir des avis et des suggestions de la population pour proposer des réformes « qui tiennent compte de l’histoire du pays et répondent aux aspirations du peuple togolais ». Sauf que la population exprime clairement ce qu'elle souhaite depuis longtemps.