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Tunisie : l'assassin de Chokri Belaïd tué

Le 6 février 2013 était assassiné l'un des chefs de l'opposition tunisienne : Chokri Belaïd. Sa mort a soulevé la colère de la population et entraîné une crise politique dans le pays. Un an après, presque jour pour jour, mardi 4 février exactement, le ministère de l'Intérieur annonçait que son meurtrier présumé aurait été tué près de Tunis. Retour sur les faits et réaction en direct du frère de Chokri Belaïd.

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Les faits

Les faits

05.02.2014Avec AFP
Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi 4 février que Kamel Gadhgadhi, accusé d'avoir tiré à bout portant sur Chokri Belaïd le 6 février 2013, avait été tué pendant un assaut de 20 heures des forces de l'ordre lors d'une opération antiterroriste contre une maison de la banlieue de Tunis. Six autres suspects ainsi qu'un gendarme ont aussi été tués.
                 
"Nous voulons connaître la vérité entière. Gadhgadhi n'était pas seul. Il y a d'autres parties impliquées et nous espérons qu'elles seront capturées pour que la vérité soit connue", a déclaré Abdelmajid Belaïd. La famille de l'opposant tunisien Chokri Belaïd réclame toujours la vérité sur son assassinat. Abdelmajid Belaïd inaugure ce mercredi 5 février avec la veuve de son frère une fondation Chokri Belaïd contre la violence.
                 
"Nous ne voulions pas qu'il (Gadhgadhi, NDLR) soit tué et sa mort ne nous réjouit absolument pas. Il s'agit d'un citoyen tunisien même si c'était un terroriste, et nous voulions qu'il soit jugé équitablement", a-t-il ajouté.
                 
Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a qualifié la mort du suspect de "plus beau cadeau qu'on puisse faire aux Tunisiens au premier anniversaire de l'assassinat".


Interview de Abdelmajid Belaïd, frère de Chokri Belaïd

05.02.2014
Interview de Abdelmajid Belaïd, frère de Chokri Belaïd

Quelques dizaines de personnes ont de leur côté manifesté comme tous les mercredis dans le centre-ville de la capitale pour réclamer la vérité sur l'assassinat, en demandant la démission du ministre de l'Intérieur.
                 
"Gadhgadhi n'était qu'un moyen. Qui a commandité l'assassinat?", a demandé Naïla Saïdane, l'une des manifestantes et membre du Watad, le parti du défunt. "Si Gadhgadhi est mort, alors ils l'ont tué pour que la vérité parte avec lui", a-t-elle lancé, reflétant le scepticisme des manifestants.
                 
L'assassinat de Chokri Belaïd (48 ans), avocat et militant de tendance marxiste et panarabiste, farouche critique des islamistes d'Ennahda alors aux commandes, avait choqué la Tunisie et plongé le pays dans une grave crise politique dont il commence tout juste à se remettre.
                 
L'assassinat avait été attribué par les autorités aux jihadistes d'Ansar Asharia, une organisation classée "terroriste" par la Tunisie mais qui n'a jamais revendiqué ce meurtre ni aucune autre attaque armée.