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Tunisie : vers une sortie de crise ?

La politique bouge en Tunisie ce jeudi 9 janvier. La Constituante a approuvé un amendement d'un article de la future Constitution introduisant le principe de parité hommes-femmes dans les assemblées élues. Ce jeudi également, le Premier ministre a remis sa démission participant ainsi au processus de résolution de la crise politique tunisienne.

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Tunisie : vers une sortie de crise ?

09.01.2014Avec AFP
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh remet sa démission / Photo AFP
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh remet sa démission / Photo AFP
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh a  remis ce jeudi 9 janvier sa démission, conformément à un accord pour résoudre une longue crise politique, et alors que le pays est une nouvelle fois déstabilisé par des conflits sociaux, émaillés de heurts. "Comme je m'y étais engagé il y a un moment (...) je viens de présenter la démission du gouvernement", a dit Ali Larayedh lors d'une conférence de presse. "Le président m'a chargé de poursuivre la supervision des affaires du pays jusqu'à la formation du nouveau gouvernement".

La Constituante ayant formé mercredi 8 janvier une instance électorale et la Constitution étant en cours d'adoption, les conditions fixées dans un accord cosigné par l'essentiel de la classe politique étaient réunies pour sa démission, avait relevé un peu plus tôt M. Larayedh.

Selon ce compromis, le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, sera appelé à former un cabinet d'indépendants devant conduire la Tunisie jusqu'à des législatives et une présidentielle en 2014. Une fois officiellement désigné, M. Jomaâ aura quinze jours pour constituer son équipe, puis devra obtenir la confiance de l'Assemblée pour devenir le cinquième chef de gouvernement depuis la révolution de janvier 2011.

Cela entérinera aussi le départ volontaire du pouvoir du parti islamiste Ennahda qui avait remporté l'élection de l'Assemblée nationale constituante en octobre 2011, premier scrutin libre de l'Histoire de la Tunisie. Des négociations chaotiques ont conduit à cette issue, après de nombreux reports, pour résoudre la profonde crise politique déclenchée en juillet par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi.

La Constituante en Tunisie / photo AFP
La Constituante en Tunisie / photo AFP
Vers la parité homme-femme

Ce jeudi, la Constituante a également introduit le concept de parité homme-femme au projet de Constitution, texte exceptionnel dans le monde arabe. La Constituante a approuvé à une courte majorité un amendement sans précédent disposant que "l'Etat œuvre à la réalisation de la parité des hommes et des femmes dans les assemblées élues". Selon l'observatoire des votes de la Constituante, Al-Bawsala, la moitié des 89 élus Ennahda ont notamment voté ce texte.
La Constituante avait déjà inclus lundi un article d'ordre général reconnaissant que "tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune". La Tunisie, sans consacrer l'égalité des sexes, est depuis 1956 le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. L'homme reste cependant privilégié, notamment concernant l'héritage.

Les Tunisiens qui manifestent / Photo AFP
Les Tunisiens qui manifestent / Photo AFP
Constitution

La classe politique s'est engagée à adopter la future Loi fondamentale avant le 14 janvier, 3e anniversaire de la révolution de 2011. En une semaine, un tiers des articles environ ont été passés en revue. A l'issue de l'examen article par article, l'Assemblée devra adopter à la majorité des deux-tiers le projet de Constitution, faute de quoi un référendum devra être organisé. Il reviendra cependant au prochain Parlement d'introduire les lois organiques et ordinaires nécessaires à sa mise en œuvre.
Élue en octobre 2011, la Constituante devait achever sa mission en un an, mais le processus a été ralenti par un climat politique délétère, l'essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux.