Un an après l'attentat de Ouagadougou : commémorations et point sur l'enquête

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Reportage à Ouagadougou, Fanny Noaro
©Tv5monde

Un an après l'attentat qui a fait 30 morts à Ouagadougou, le Burkina s'est recueilli, dimanche 15 janvier 2017, en hommage aux victimes. Du côté de l'enquête, la justice burkinabè aurait identifié les commanditaires de l'attaque.

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Le 15 janvier 2016, un commando de trois assaillants avait effectué un raid meurtier à l'arme automatique sur un bar et un hôtel, le café Capuccino et le Splendid Hôtel, prisés des étrangers, situés dans le centre-ville de la capitale du Burkina Faso. L'attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait fait 30 morts et 71 blessés.

Un an jour pour jour après l'attentat, un peu plus d’un millier de personnes a marché silencieusement sur l’avenue Kwamé Nkrumah de Ouagadougou. La cérémonie d’hommage a été marquée par le dépôt de gerbes de fleurs sur les lieux de l’attaque, et la découverte d’une stèle où sont inscrits les noms des 30 victimes.
 

« Le peuple du Burkina Faso, les familles et les amis des victimes n’oublieront jamais que des personnes ont été arrachées à notre affection dans des conditions dramatiques », a déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré, avant d’appeler à plus de collaboration dans la lutte contre le terrorisme.
 
Le café Cappuccino, à Ouagadougou (Burkina Faso), le 18 janvier 2016.
Le café Cappuccino, à Ouagadougou (Burkina Faso), le 18 janvier 2016.
©AP Photo/Theo Renaut

L'enquête avance

Quelques jours avant les commémorations, Maïza Sérémé, la procureure de Ouagadougou a rendu publiques un certain nombre d'informations sur l'avancée de l'enquête, lors d'un entretien accordé à l'AFP. Selon elles, un des commanditaires de l'attentat de Ouagadougou a envoyé un message au commando avec un numéro de téléphone syrien, la procureure a précisé toutefois que le message ne provenait pas forcément de ce pays.

Pendant l'attaque, le trio a "reçu un message d'un des commanditaires qui leur demandait si ça se passait bien, le nombre de morts et s'ils avaient un message particulier à lancer à l'attention de la population et à ceux qui font le jihad comme eux", a-t-elle expliqué. "Nous avons des informations quant à leurs identités et même leurs nationalités mais nous sommes en train de recouper (...) pour avoir leurs nationalités et leurs vraies identités".

Trois personnes, un Burkinabè et deux Maliens qui ont été inculpées en juillet 2016 par le juge d'instruction et sont actuellement emprisonnées dans le cadre de l'enquête à laquelle collaborent les États-Unis, le Canada, le Niger, le Mali, la France et la Côte d'Ivoire, notamment, selon la procureure.

L'attaque avait été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui l'avait attribuée au groupe Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar.

Aqmi avait publié les noms de guerre des trois assaillants tués dans l'assaut: Al-Battar Al-Ansari, Abu Muhammad al-Buqali et Ahmed al-Fulani.
 

Hommage en France

La photographe marocaine Leïla Alaoui avait aussi péri dans cette attaque.
 

Six Québecois avaient trouvé la mort le 15 janvier 2016.
 

Quatre ressortissants français figurent parmi les 30 victimes.
"Il était indispensable qu'un hommage leur soit rendu, car les victimes n'ont pas de frontières", a insisté Juliette Meadel, la secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes, face une trentaine de personnes réunies à l'Hôtel des Invalides à Paris. Familles et proches des morts et des rescapés s'étaient rassemblés pour cette commémoration.
 

"Cet hommage, c'était la moindre des choses (...) que nous vous devions, que la République vous devait", a estimé Juliette Méadel devant l'assistance. Le gouvernement envisage selon elle d'organiser d'autres cérémonies pour les divers attentats qui ont touché des citoyens français à l'étranger, comme celui du musée du Bardo à Tunis ou celui de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire.

Un hommage global pour toutes les victimes françaises du terrorisme a lieu chaque année le 19 septembre, à l'initiative d'associations.