Afrique

Un nouvel accord de défense franco-ivoirien

Alassane Ouattara à son arrivée à Paris. AFP
Alassane Ouattara à son arrivée à Paris. AFP

Le Président ivoirien est arrivé ce mercredi 25 janvier à Paris. Une visite d'Etat de trois jours. Temps fort, la signature ce jeudi d'un nouvel accord de défense entre la France et la Côte d'Ivoire. Il remplacera celui signé à l'indépendance en 1961. 

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26.01.2012Par Matthieu Vendrely
Le document compte neuf articles. Il a été signé le 24 avril 1961 quelques mois après l'indépendance de la Côte d'Ivoire. La signature française est celle de Michel Debré, alors premier ministre. Côté ivoirien, c'est Félix Houphouët-Boigny qui a apposé sa signature. Il est le premier Président de la toute jeune République de Côte d'Ivoire, le "père de l'indépendance". Un texte signé également par ses homologues du Dahomey (futur Bénin) et du Niger. Le document (consultable ici) compte aussi deux annexes. Seulement, comme nous le confie ce jeudi une excellent connaisseur des affaires ivoiriennes, "ce qui est intéressant dans cet accord, c'est ce qui est secret. Et comme c'est secret..." . Mais aujourd'hui, un demi siècle plus tard, tout a changé et -officiellement- plus question de clause secrète dans l'accord de 2012. Dans les grandes lignes, contrairement à celui de 1961, ce nouvel accord bannira le principe d'une intervention française automatique en cas d'attaque contre le régime ivoirien.

Soldats français de l'opération Licorne avec hommes des FRCI (Armée Ivoirienne) - Ministère français de la Défense.
Soldats français de l'opération Licorne avec hommes des FRCI (Armée Ivoirienne) - Ministère français de la Défense.
Quelle présence française ?

Alassane Ouattara veut toutefois pouvoir compter sur la France. Actuellement, 450 soldats français sont déployés sur le sol ivoirien. Il y a un an, en pleine crise post-électorale, l'opération Licorne en comptait 1100. A l'avenir, Paris souhaite réduire à 300 ses troupes sur place. Une perspective qui n'enchante guère le président ivoirien qui, dans la droite ligne de Felix Houphouët-Boigny (et à l'opposé de Laurent Gbagbo) n'envisage pas de bâtir une armée pléthorique et puissante. Dans un entretien au quotidien Le Monde ce jeudi, Alassane Ouattara l'affirme on ne peut plus clairement : "La France doit rester dans notre pays plus longtemps et de manière plus substantielle". Le chef de l'Etat ivoirien précise d'ailleurs sa pensée : "Je comprends les contraintes budgétaires, mais Paris doit bien prendre en compte la fragilisation de l’Afrique du Nord". AQMI au Sahel, piraterie dans le Golfe de Guinée ou trafic de drogue en provenance d'Amérique latine : les tensions ne manquent pas dans la sous-région et Alassane Ouattara verrait bien la Côte d'Ivoire jouer le rôle de base régionale.  

Déclarations

"C'est un accord qui montre que la France est aux côtés de la Côte d'Ivoire dans sa quête de sécurité (et) que l'armée française n'a pas vocation à s'ingérer, ni de près, ni de loin dans les affaires de la Côte d'Ivoire. Cette période (...) est définitivement révolue". Nicolas Sarkozy.

"C'est un traité totalement transparent, l'accent est mis sur la formation, sur l'équipement (...) La France continue d'avoir besoin de la Côte dIvoire et la Côte dIvoire a aussi besoin de la France, mais naturellement nous souhaitons traiter nos problèmes en Côte d'Ivoire entre Ivoiriens". Alassane Ouattara.

Réaction

Brigitte Kuyo est responsable en France du Front Populaire Ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo. Elle condamne cet accord et évoque une régression.


Réaction

Une amitié ancienne

Voilà plus de vingt ans que Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara se connaissent et se respectent. Le grand patron Martin Bouygues avait organisé la rencontre. Les traversées du désert respectives ne les ont pas séparés. En août dernier, Ouattara a été reçu au Cap Nègre dans le Sud de la France, la résidence familiale de l'épouse de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni.