Afrique

Vidéo - Au Sénégal, l'école des sables se bat pour sa survie

Ecole des sables G. Acogny

C'est un lieu réputé pour apprendre la danse contemporaine africaine. Au sud de Dakar, l'Ecole des Sables forme depuis 20 ans, stagiaires, profesionnels, et amoureux de la discipline. Confronté à des problèmes financiers, l'établissement est aujourd'hui menacé de fermeture.

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Une scène à ciel ouvert,  la brousse à deux pas. Au-dessus le soleil, au fond la lagune.
et au milieu cette figure : Germaine Acogny.
C'est son paradis ; s'il doit disparaître, elle sera la dernière à fouler la piste.

Elle a créé l'école des sables, son école de danse contemporaine. Mais elle respire de plus en plus mal, les finances sont plombés.

J’ai l’impression que c’est la danse qui est mal aimée. On aide le cinéma, les arts
plastiques, mais la danse contemporaine… Peut-être qu’ils ont peur, je ne sais pas de quoi ? De nous aider ? La danse est un art qui peut exprimer tous les arts, c’est la mère de tous les arts.

Germaine Acogny, fondatrice de l'école des sables

Appel à la mobilisation

Elle se bat pour son art, elle en appelle à la mobilisation générale, au ministre de la culture, aux amoureux de la création. Et ella a embarqué son fils. Lui aussi travaille pour pérenniser les lieux. Il est le directeur artistique depuis 2 ans, directeur de l'urgence, désormais. "L'une des solutions, explique Patrick Acogny, c’est d’organiser des stages qui peuvent rapporter de l’argent pour et qu’on dépende de moins en moins des dons et des revenus des bailleurs de fonds et qu’on puisse être plus ou moins auto-suffisant".

L'école a besoin d'un budget de 200 000 euros par année pour fonctionner. 
L'école a besoin d'un budget de 200 000 euros par année pour fonctionner. 
©TV5MONDE

Les stages, notamment ouvert aux étrangers, permettent encore la survie. Mais pour combien de temps ? Les enfants, comme ce matin-là, sont accueillis, bénévolement. L'école des sables c'est surtout ça : l'art aux services des gens.

Etre ici ça me fait vivre, je respire, je suis avec ma famille. Tout le monde à sa place ici. C’est pas juste pour les gens qui ont un haut niveau. Quand je venais ici, je n’avais pas un haut niveau, j’étais une amatrice de la danse. En venant ici, j’ai appris pas mal de choses.

Alicia Gomis, danseuse

Germaine Acogny espère maintenant un fonds dédié à la création artistique et aux danseurs. Pourquoi pas du financement privé aussi, puisque le dernier bailleurs a cessé son aide ? L'école a accueilli des danseurs du monde entier, des spectacles de Béjart ou les premières pirouettes des enfants des villages voisins... elle attend maintenant un sérieux coup de main.