Afrique

Vidéo - En Centrafrique, vivre au milieu des combats dans la région de Paoua

RCA / Paoua
Récit : Karine Barzegar, images : Samuel Th. Nzam, montage : Anthony Krizic
©TV5MONDE

Ils sont devenus des villages fantômes. Aux alentours de Paoua dans le nord-ouest de la Centrafrique, difficile de trouver âme qui vive. Les habitants ont fui les combats entre groupes armés. Certains déplacés ont pu retourner chez eux avec l'aide de l'ONU. Des lieux de vie devenus méconnaissables.

dans

Le commandant Mboulet et ses hommes de la Minusca sont venus s'assurer que plus aucun combattant ne se cache ici. Dans le village de Béboyé, les miliciens de RJ -Révolution et justice- ont affronté des hommes de l'ex-Séléka. De leur combats, ils restent des maisons incendiés, et des villageaois terrorisés qu'il faut rassurer.

Partout, il y avait les Séléka. Partout, il y avait les RJ, on les a chassés. Maintenant ils se cachent partout dans la brousse. On les a chassés pour que vous, vous reveniez dans vos villages.

Stéphane MBOULET, commandant, chef des opérations Minusca à Paoua

Dans le village de Bégombo, la même histoire, les mêmes stigmates, les mêmes trauma. Marie Rosie Toubé a fui les combats il y a 20 jours. Elle profite de la présence des Casques bleus pour revenir et constater l'étendue des dégâts. Elle raconte : "tout est brûlé dedans, donc pour le moment on n'a rien, même le manger, rien, donc c'est difficile pour nous". 

Après plusieurs semaines de combats entre les ex-Séléka d'Ahmat Bahar et les combattants de RJ, la présence des Casques bleus rassure... un peu.
Mais Marie-Rose a des enfants en bas âge, elle n'est pas prête à prendre le risque de rentrer. Car les groupes armées ne sont pas défaits, juste en débandade dans la brousse environnante. Sur les routes, ils sont nombreux à fuir encore les combats. 


Plusieurs milliers de personnes se sont réfugiées au Tchad. Au centre de Paoua, on compte plus de 65.000 déplacés dans l'attente d'une aide humanitaire. Selon l'ONU, au moins 500 personnes auraient péri dans les violences.