Afrique

Vidéo : Makurdi au Nigeria, près de 80 morts dans des affrontements communautaires

Affrontements éleveurs peuls contre agriculteurs au Nigeria
Récit : Ilhame Taoufiqi, montage : Julie Jolivet
©TV5MONDE

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées jeudi 11 janvier à Makurdi, dans le centre du Nigeria, en hommage aux dizaines de victimes de récents affrontements entre cultivateurs et éleveurs.

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A Makurdi, la ville presque entière a tenu à  assister à ces funérailles. Des camions transportent près de 80 cerceuils. Les corps d'hommes, femmes et enfants. Des agriculteurs et leur famille massacrés depuis début janvier. 8 suspects ont été arrêtés, des éleveurs peuls selon le gouverneur de l'Etat de Benue.

Nous sommes prêts à travailler avec le Président de la République fédérale du Nigeria. Nous savons où ils sont, cela fait 6 mois que nous tirons la sonnette d'alarme à cause de la menace qu'ils représentent.

Le gouverneur de l'Etat de Benue, Samuel Ortom

Début janvier des affrontements éclatent entre agriculteurs et éleveurs peuls dans l'Etat de Benue. Mais les rescapés, eux, parlent d'attaques en règle dont, eux, les fermiers étaient la cible. Patrick Zion a survécu à l'attaque : " C'était le 2 janvier, nous étions au campement. Autour de 5h du matin nous avons commencé à entendre des tirs d'armes à feu, des tirs, des tirs sans discontinuer. Tous ceux qui sortaient étaient tués. Nous nous sommes dit, 'on ne peut pas rester enfermés ici et mourir comme des poulets ! Nous devons sortir et si nous mourons, nous mourons'. Je me suis échappé par une fenêtre"

Conflits "aussi dangereux que Boko Haram"

Des éleveurs nomades  peuls contres des agriculteurs sédentaires. Des agriculteurs sédentaires contre les éleveurs nomades peuls. Le cycle sans fin d'attaques et de représailles pour le contrôle des ressources naturelles. Le centre du Nigeria la Middle Belt,  la zone la plus fertile du pays est désormais le carrefour de ces luttes qui deviennent de fait communautaires. 
Les éleveurs peuls obligés de pousser toujours plus au Sud pour faire paître leur troupeau,  laissant derrière eux un Nord toujours plus aride.
Des bêtes  viennent donc brouter sur des zones cultivées et saccager les cultures des fermiers. Une véritable bombe à retardement. 2500 morts au bas mot en 2016. Pas de bilan disponible pour 2017. En septembre 2017, International Crisis Group avait mis en garde: ces conflits sont potentiellement aussi dangereux que Boko Haram  dans le Nord-Est du pays.