VIH - Conférence internationale sur le sida à Paris

Les résultats "modestes" d'un essai vaccinal mené en Thaïlande ouvrent la voie à la recherche, même si le vaccin contre le virus du sida n'est pas "au coin de la rue", ont estimé des chercheurs réunis à Paris pour une conférence internationale.

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Un vaccin expérimental qui “ouvre la voie“

Le virus du sida fixé sur un lymphocyte, vu sous un microscope de l'Institut Pasteur en 2001
Le virus du sida fixé sur un lymphocyte, vu sous un microscope de l'Institut Pasteur en 2001
Le 24 septembre, des chercheurs thaïlandais et américains avaient annoncé que la combinaison de deux vaccins, vieux de plus de 10 ans et inefficaces individuellement, réduisait de 31,2% les risques d'infection par le virus du sida.

L'essai avait été réalisé en Thaïlande sur une population de plus de 16.000 personnes à risque moyen ou faible, dont la moitié avait reçu le vaccin, et l'autre un placebo. 125 personnes ont été infectées, dont 51 parmi les personnes vaccinées et 74 chez celles ayant reçu le placebo.

C'était la première fois qu'un vaccin donnait des résultats favorables. L'épidémie du sida a causé plus de 25 millions de morts et infecte à ce jour plus de 33 millions de personnes -7400 de plus chaque jour.

Les résultats détaillés de ces essais ont été présentés pour la première fois à la communauté scientifique mardi, lors de la conférence internationale "Aids vaccine 2009", organisée par l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) et la Global Hiv Vaccine Enterprise.

Les chercheurs ont admis qu'il s'agissait de résultats "modestes", même s'ils étaient "statistiquement significatifs". Ils ont indiqué aussi que l'efficacité du vaccin décroissait au fil du temps.

En outre, ce vaccin a été mis au point pour répondre au type de virus circulant en Thaïlande et on ignore s'il pourrait être utilisé ailleurs sur des populations à haut risque, par exemple en Afrique.

Enfin les chercheurs ont rappelé que le vaccin n'offrait pas de réponse immunitaire très forte et ne réduisait pas le taux d'infection des personnes infectées.

"Ce n'est définitivement pas une percée pour la santé publique", a souligné le colonel Michael, pour qui le vaccin est loin d'"être au coin de la rue". Mais "c'est une percée pour la recherche".



“Ce n'est pas un rêve de dire qu'un jour on va créer un vaccin contre le sida“

“Ce n'est pas un rêve de dire qu'un jour on va créer un vaccin contre le sida“
Entretien avec Jean-François Delfraissy, le directeur de l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida qui co-organisait la Conférence.

JT TV5Monde
20 octobre 2009 - 5'08

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