Afrique

Viols en RDC : la querelle des chiffres

« Le Congo est la capitale mondiale du viol », avait déclaré en avril 2010, Margot Wallstrom, représentante de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits. Mais les chiffres sur ce fléau font polémique.

dans
Selon l'ONU, plus de 500 femmes et enfants, parfois âgés tout juste de 7 ans, ont été violés entre le 30 juillet et le 2 août dans les villages du Nord et Sud Kivu. Mais dans un seul village, celui de Luvungi, près de 300 viols auraient été commis selon le chef du village contre une centaine selon l'ONU.

De son côté, le gouvernement congolais nie complètement l'ampleur des faits. Fin août, il a évoqué une baisse de 70 % des viols. Depuis 1996, « la RDC est passée de 15 384 cas par an à une moyenne de 4976 », a affirmé un porte-parole gouvernementale.

Pour la militante Julienne Lusenge de l'association sofepadi, ces chiffres n'ont aucun sens. « Le gouvernement ne dispose d'aucune agence pour comptabiliser dans le pays les agressions sexuelles. Ce sont les associations locales et les ONG internationales qui font remonter les données qu'elles recueillent sur le terrain. » Selon la journaliste congolaise, Chouchou Namegabe, les viols étaient en régression courant 2008 mais ont de nouveau augmenté avec la reprise d'opérations militaires.

En 2009, 15 000 cas de viols ont été rapportés en 2008 et autant en 2009, d'après les dernières déclarations d'Atul Khare, sous-secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Soit environ 40 viols par jours. Ce chiffre est énorme mais reste encore en deçà de la réalité. « Il s'agit uniquement de viols déclarés dans les hôpitaux, précise Chouchou Namegabe. Mais il y a femmes violées qui vivent dans des coins très reculés et qui ne viennent pas jusqu'à l'hôpital. Il y a aussi celles qui n'osent pas déclarer leur viol. Il y a une sous-estimation du phénomène. »