Afrique

Virus Ebola : traitement non homologué autorisé

Un laboratoire canadien installé en RDC pour étudier le virus Ebola, en 2007 ©AFP/ Christopher Black
Un laboratoire canadien installé en RDC pour étudier le virus Ebola, en 2007 ©AFP/ Christopher Black

L'Organisation Mondiale de la Santé a approuvé, mardi 12 août, l'emploi de traitements non homologués dans la lutte contre la fièvre hémorragique Ebola alors que le virus continue de gagner du terrain. Il s’agit du sérum Zmapp uniquement testé sur deux Américains qui ont survécu, pour l'instant, au virus. Faits, et carte sur l'étendue de l'épidémie et les mesures prises dans certains pays.

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Virus Ebola : traitement non homologué autorisé

12.08.2014Léa Baron avec AFP
"Devant les circonstances de l'épidémie et sous réserve que certaines conditions soient remplies, le comité a abouti au consensus estimant qu'il est éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité n'est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif", explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
                
Le comité a défini comme conditions d'emploi de ces traitements "une transparence absolue quant aux soins, un consentement informé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect des personnes, la préservation de la dignité et l'implication des communautés".
                 
Les experts se réfèrent à "l'obligation morale de collecter et partager les données sur la sécurité et l'efficacité de ces interventions" qui doivent faire l'objet d'une évaluation constante en vue de leur utilisation future.

Premiers essais
                 
La fièvre hémorragique Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest a franchi la barre des 1.000 morts avec 1.013 décès et 1.848 cas dénombrés (confirmés, suspects et probables), selon le dernier bilan de l'OMS lundi 11 août au soir.
                 
Avant même l'annonce de l'approbation de l'OMS, les États-Unis avaient promis l'envoi au Liberia, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie, d'un sérum expérimental, disponible en très faibles quantités, pour traiter les médecins libériens actuellement infectés.

Pourquoi le Liberia reçoit-il le traitement en premier ?

12.08.2014
Notre invité Seidik Abba, journaliste indépendant, nous explique quelles relations les Etats-Unis entretiennent avec le Liberia, dirigé par Ellen Johnson Sirleaf. Une relation qui expliquerait la livraison à ce pays plus qu'à la Guinée et à la Sierra Leone du traitement expérimental.
Pourquoi le Liberia reçoit-il le traitement en premier ?



Ce sérum appelé Zmapp a été utilisé avec des premiers résultats positifs sur deux soignants de nationalité américaine rapatriés aux États-Unis. Il aurait permis d'atténuer les effets du virus sur eux mais n'a pas permis de sauver le prêtre espagnol décédé cette semaine. Ils représentaient les premiers tests de ce sérum sur les hommes.

Nathan Clumek, professeur spécialiste des maladies infectieuses à l'université libre de Bruxelles.

12.08.2014Interview par Marian Naguszewski
"Il est clair que l'industrie pharmaceutique n'a pas investi sur cette maladie ", Nathan Clumek.
Nathan Clumek, professeur spécialiste des maladies infectieuses à l'université libre de Bruxelles.

Épidémie croissante

Le missionnaire espagnol de 75 ans atteint du virus Ebola qui a été rapatrié jeudi 7 août à Madrid en provenance du Liberia, est décédé ce mardi 12 août. Le prête catholique Miguel Pajares était le premier malade atteint du virus hémorragique a être rapatrié en Europe. Il avait contracté le virus au Liberia où il travaillait dans l'hôpital Saint-Joseph de Monrovia dépendant de l'ordre religieux de Saint-Jean de Dieu.

Le nombre de victimes du virus Ebola continuer de progresser. Inexorablement. 52 nouveaux décès ont été enregistrés entre le 7 et le 9 coût. 69 nouveaux cas ont été recensés selon l'OMS.

État des lieux de l'épidémie alors que la semaine dernière, l'OMS a décrété l'état "d'urgence sanitaire mondiale" : quels pays sont touchés ? quelles mesures sont prises par d'autres ?




Comprendre le virus Ebola

Le virus Ebola, qui provoque des "fièvres hémorragiques", tire son nom d'une rivière du nord de l'actuelle République démocratique du Congo, où il a été repéré pour la première fois en 1976. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l'homme.
                 
Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés. Les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission.
                 
Il n'y a pas de vaccin homologué contre la fièvre Ebola, qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées.

Mesures d'hygiène

Conseils donnés aux voyageurs sur le site internet du ministère des Affaires étrangères français :

Ne pas se déplacer dans la zone de foyer de l’épidémie en Guinée forestière et dans les zones signalées en Sierra Leone et au Liberia ( consulter les fiches Conseils aux voyageurs de ces pays)
    •    Ne pas consommer ni manipuler de viande de brousse,
    •    Se laver les mains fréquemment au savon ou avec les solutions de lavage des mains hydro-alcoolique,
    •    Éviter les contacts directs avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, ou des troubles digestifs, ou des hémorragies extériorisées par la bouche, le nez, ou les selles