Virus Ebola : un sérum miracle ?

Des personnels de santé qui s'équipent en Sierra Leone ©AFP
Des personnels de santé qui s'équipent en Sierra Leone ©AFP

Un sérum expérimental a été administré à deux Américains victimes du virus Ebola au Libéria. L’anticorps ZMapp a atténué les symptômes de l'infection chez les deux malades. Un traitement prometteur qui n'avait encore jamais été testé sur des êtres humains. Des essais cliniques doivent encore être menés. Explications.

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Un haut responsable sanitaire aux États-Unis s'est déclaré prudent mardi 5 juillet quant à l'efficacité d'un sérum expérimental administré aux deux Américains infectés par Ebola et parfois décrit comme miraculeux, notamment parce qu'il est difficile à produire en grande quantité.
                 
Selon un médecin cité par CNN qui a soigné la missionnaire Nancy Writebol, 60 ans et le Dr Kent Brantly, 33 ans, tous deux contaminés au Libéria, ce traitement a atténué les symptômes de l'infection chez ce dernier dans l'heure qui a suivi l'administration d'une première dose.
                 
Alors que l'état du Dr Brantly était encore jugé grave jeudi dernier avant de recevoir cet anticorps, jamais testé sur des humains, celui-ci a pu se lever et prendre une douche avant d'embarquer dans l'avion sanitaire privé qui l'a ramené samedi 2 août aux États-Unis. A son arrivée, il a pu sortir de l'ambulance de lui-même, marchant jusqu'à l'entrée de l'hôpital Emory près d'Atlanta (Géorgie, sud est) où il est traité en quarantaine. Quant à Nancy Writebol, transférée par avion mardi 5 août depuis le Libéria, a elle aussi montré des signes d'amélioration.

Traitement prometteur
             
Il n'existe actuellement aucun traitement pour combattre ce virus très virulent apparu en 1976 qui a un taux de mortalité de 60 à 90%. L'épidémie sans précédent qui frappe le libéria, la Sierra Leone et la Guinée, a déjà fait près de 900 morts.
                 
Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), a reconnu que le sérum avait "une certaine efficacité mais seulement chez deux patients". De ce fait, "nous ne pouvons pas dire à ce stade que ce traitement est prometteur", a-t-il dit à l'AFP.
                 
"Les résultats des expériences sur des animaux (des singes, ndlr) sont très bons et l'utilisation de cet agent sur ces deux patients suggère qu'il a un effet favorable mais étant donné que ça se limite à deux personnes nous devons être prudents avant de tirer des conclusions", a-t-il ajouté.

ZMapp
                 
Le docteur Fauci a également confirmé que cet anticorps, appelé ZMapp, avait bien été administré à ces deux malades sans que les autorités sanitaires américaines ne soient informées dans un premier temps. Les anticorps continuent de leur être administrés aux États-Unis.
                 
Pour confirmer l'efficacité de ce traitement il faut mener des essais cliniques avec un plus grand nombre de malades ce qui n'est pas vraiment possible vu "la très grande difficulté" à produire suffisamment de doses, a expliqué le patron du NIAID. Vu la complexité de la technique de recombinaison génétique pour l'obtenir, il faudrait plusieurs mois pour en fabriquer une faible quantité, selon lui.
                 
Il a ajouté que son institut, parti des Instituts Nationaux de la Santé (NIH) ainsi que la Defense Threat Reduction Agency, ont partiellement financé la recherche sur cet agent. Il est développé par la firme Mapp Biopharmaceutical de San Diego (Californie) en collaboration avec la société canadienne Defyrus.

Un vaccin pour 2015 ?

                 
Ce sérum se compose de trois anticorps monoclonaux, précise Mapp Biopharmaceutical dans un communiqué sur son site internet.
               
Quant aux autres traitements potentiels contre le virus Ebola, ils sont encore aux tous premiers stades de développement, "trop tôt pour se prononcer", a dit le Docteur Fauci. Il a rappelé qu'à court terme, l'espoir le plus solide contre Ebola s'appuie sur un vaccin expérimental efficace chez les singes.
                 
"Nous venons de terminer les expériences avec des animaux et allons commencer une étude de phase 1 en septembre avec des humains", avait-il  précédemment indiqué à l'AFP. Les résultats de l'essai clinique devraient être disponibles d'ici janvier prochain et un vaccin pourrait être prêt à la mi-2015.



Comprendre le virus Ebola

Le virus Ebola, qui provoque des "fièvres hémorragiques", tire son nom d'une rivière du nord de l'actuelle République démocratique du Congo, où il a été repéré pour la première fois en 1976. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l'homme.
                 
Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés. Les rituels funéraires, au cours desquels les parents et amis sont en contact direct avec le corps du défunt, jouent un rôle important dans la transmission.
                 
Il n'y a pas de vaccin homologué contre la fièvre Ebola, qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées.

Mesures d'hygiène

Conseils donnés aux voyageurs sur le site internet du ministère des Affaires étrangères français :

Ne pas se déplacer dans la zone de foyer de l’épidémie en Guinée forestière et dans les zones signalées en Sierra Leone et au Liberia ( consulter les fiches Conseils aux voyageurs de ces pays)
    •    Ne pas consommer ni manipuler de viande de brousse,
    •    Se laver les mains fréquemment au savon ou avec les solutions de lavage des mains hydro-alcoolique,
    •    Éviter les contacts directs avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, ou des troubles digestifs, ou des hémorragies extériorisées par la bouche, le nez, ou les selles