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Zimbabwe : Grace Mugabe se positionne pour la future présidentielle

Zimbabwe : Grace Mugabe se positionne pour la future présidentielle

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a limogé lundi son vice-président Emmerson Mnangagwa, une décision interprétée par l'opposition comme une manoeuvre destinée à ouvrir la voie à la Première dame pour succéder, le moment venu, au chef de l'Etat.

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Le président zimbabwéen Robert Mugabe a limogé lundi son vice-président Emmerson Mnangagwa, une décision interprétée par l'opposition comme une manoeuvre destinée à ouvrir la voie à la Première dame pour succéder, le moment venu, au chef de l'Etat.
La destitution d'Emmerson Mnangagwa, surnommé le "Crocodile" pour son caractère impitoyable, intervient après des semaines de tensions au sommet de l'Etat entre le vice-président et Grace Mugabe, alimentées par une mystérieuse rumeur d'empoisonnement.
Hospitalisé d'urgence en août en Afrique du Sud, Emmerson Mnangagwa avait affirmé avoir été victime d'une tentative d'empoisonnement.
Il avait pris soin de ne pas avancer de possible commanditaire, mais ses partisans assuraient qu'il avait été délibérément intoxiqué par le biais d'une crème glacée fabriquée dans une laiterie appartenant à Grace Mugabe. Des accusations que la Première dame avait vivement démenties.
Lundi, le couperet est tombé pour Emmerson Mnangagwa avec l'annonce de son renvoi, "avec effet immédiat", de son poste de vice-président.
"Il est devenu évident que son comportement dans l'exercice de ses fonctions est devenu incohérent avec ses responsabilités officielles", a expliqué le ministre de l'Information Simon Khaya Moyo à la presse à Harare.
"Le vice-président a systématiquement et constamment fait preuve de manque de loyauté, de manque de respect, de malhonnêteté et de manque de sérieux", a-t-il encore justifié.
Début octobre, Robert Mugabe lui avait lancé un premier avertissement en lui retirant le portefeuille de la Justice.
Lundi, le gouvernement n'a pas immédiatement annoncé le nom du nouveau vice-président, un poste clé puisqu'il occupe les fonctions de chef de l'Etat en cas d'incapacité, maladie, démission ou décès du président.
- 'Dynastie Mugabe' -                  
La Ligue des jeunes de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, a toutefois d'ores et déjà pris fait et cause pour Grace Mugabe... avant même l'annonce officielle de l'éviction d'Emmerson Mnangagwa.
"Nous avons besoin de quelqu'un acceptable et dont la loyauté vis-à-vis du parti et de son dirigeant, le président Mugabe, soit indiscutable, et, plus important encore, une personne qui n'a aucune volonté de travailler contre le président", a déclaré le dirigeant de la Ligue, Kudzai Chipanga.
"La seule personne qui possède de telles qualités est le leader de la Ligue des femmes (de la Zanu-PF), personne d'autre que son excellence la Première dame de la République du Zimbabwe, Amai Grace Mugabe", a-t-il estimé.
La guerre pour la succession du président, qui dirige d'une main de fer le Zimbabwe depuis 1980, fait rage au sein de la Zanu-PF. A 93 ans, Robert Mugabe est le plus vieux chef de l'Etat en exercice de la planète. Il se rend régulièrement à l'étranger pour des raisons médicales. En dépit de son âge, il a annoncé qu'il briguerait un nouveau mandat en 2018.
Dimanche, son épouse âgée de 52 ans a annoncé qu'elle était prête à lui succéder le moment venu et que le parti au pouvoir allait bientôt changer ses statuts pour qu'une femme soit vice-présidente.  
Dans ce contexte, la destitution d'Emmerson Mnangagwa n'est pas une surprise pour le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). "La Zanu-PF a été réduite à une dynastie Mugabe", a réagi le porte-parole du MDC, Obert Gutu, interrogé par l'AFP.
"Il y a deux ans, il aurait été inconcevable que Grace Mugabe devienne vice-présidente mais désormais tout est possible", a estimé de son côté l'analyste Derek Matyszak.
Selon lui, Emmerson Mnangagwa, ancien patron des services de renseignements et considéré encore récemment comme l'un des lieutenants les plus fidèles de Robert Mugabe, est désormais "hors course" pour la présidence.
Il subit là le même sort que sa prédécesseur, Joyce Mujuru, évincée en décembre 2014, après une campagne de Grace Mugabe qui l'accusait de vouloir renverser le président.
Dimanche, la Première dame avait aussi accusé Emmerson Mnangagwa d'avoir ourdi des complots, notamment d'avoir préparé un coup d'Etat au moment de l'indépendance en 1980.
AFP