Culture

Animisme : l'humain et la nature

effa gd angle
©TV5monde

L’animisme est la croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels. Voilà la définition que l'on peut trouver dans les dictionnaires. Dans Le Dieu perdu dans l'herbe, le philosophe-écrivain Gaston-Paul Effa estime qu'il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire pour l'humain de renouer avec la nature qui l'entoure.

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"Il faut réapprendre à s'approprier la nature! On ne sait plus respirer en Occident, qui sait encore regarder la nature ? On est devenu obsédé par le sens." 

Comme un appel, un signal d'alarme, Gaston-Paul Effa voudrait donc nous convaincre de nous convertir à l'animisme, une manière de penser, de vivre, qui ressemble à tout sauf à une religion.

L'écrivain camerounais signe là un ouvrage surprenant, entre méditation, introspection et quête philosophique.

Au coeur de ce livre, une rencontre : Tala, une guérisseuse pygmée. Au cours des chapitres, la "guru" va peu à peu déconstruire tout ce qui fait la pensée occidentale, avec au coeur de sa vie et de son action, d'apprendre à penser "sans raisonner".

Destiné par les sœurs alsaciennes qui l'élevaient au Cameroun à devenir prêtre, Gaston-Paul Effa étudie la théologie et la philosophie, puis renonce au sacerdoce pour devenir professeur de philosophie et père de famille. Sa famille camerounaise était animiste.

Rencontrer Tala, guérisseuse pygmée, est ainsi pour lui à la fois un retour aux sources et une confrontation entre deux conceptions du monde.

Et si l'animisme s'avérait la seule possibilité de sauver l'homme ? Par une nouvelle façon d'être au monde, cette pensée, souvent méconnue, se donne à vivre comme une contre-philosophie.

Gaston-Paul Effa décentre la perspective, et change de focale : et si une nouvelle révolution était en marche ? Et si, contrairement à l'idée reçue, c'était la Nature qui humanisait l'Homme ?