Festival de Cannes : ces cinéastes habitués et discrets

Le réalisateur roumain Cristian Mungiu, lauréat de la Palme d'or en 2007 pour son film 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Le réalisateur roumain Cristian Mungiu, lauréat de la Palme d'or en 2007 pour son film 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
©AP Photo/Kirsty Wigglesworth

Cette année, vingt-et-un films sont en compétition pour la Palme d’or. Même si les longs-métrages sélectionnés sont essentiellement européens et américains, le Festival de Cannes n’oublie pas ses réalisateurs fétiches, plus confidentiels. Coup de projecteur.

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Après La Vie d’Adèle, Winter Sleep et Dheepan, quel film sera consacré par la prestigieuse Palme d’or cette année ? Pour la 69e édition du Festival de Cannes, le jury, présidé par le cinéaste australien George Miller (Mad Max), doit faire son choix parmi les vingt-et-un longs-métrages en compétition. Quatorze nationalités sont représentées sur cette courte liste.

Certains réalisateurs, comme Pedro Almodovar (Tout sur ma mère, La Mauvaise éducation), Ken Loach (La Part des anges, Le Vent se lève) Paul Verhoeven (Basic instinct, Robocop), Jean-Pierre et Luc Dardenne (Deux jours, une nuit, Le Gamin au vélo) ou encore Xavier Dolan (Mommy, Laurence Anyways) sont des habitués de la Croisette et n’ont plus besoin d’être présentés.

Cinémas confidentiels

D’autres, au contraire, sont plus discrets, voire inconnus du grand public, même s’ils ont déjà gravi les 24 marches du Palais des festivals. C’est le cas des Roumains Cristian Mungiu et Cristi Puiu, venus respectivement dévoiler Baccalaureat et Sieranevada. En 2005, Cristi Puiu remportait le Prix Un Certain regard pour La Mort de Dante Lazarescu. Deux ans plus tard, 4 mois, 3 semaines et 2 jours de son compatriote Cristian Mungiu, film sublime sur l’avortement, raflait la Palme.
 

Le cinéaste Iranien Ashgar Farhadi (Une Séparation, A propos d’Elly) fait lui aussi son grand retour au Festival de Cannes. En 2009, Le Passé faisait sensation et permettait à Bérénice Béjo de recevoir le Prix d’interprétation féminine. Cette année, il présente son nouveau drame Forushande qui raconte le bouleversement de la vie d’un jeune couple de Téhéran.

Le cinéma brésilien va tenter de faire des étincelles à Cannes avec Kleber Mendonça Filho et son film Aquarius. Pour la première fois, il fait partie de la sélection officielle. Mais l’effervescence cannoise ne lui est pas inconnue. En 2005, il faisait découvrir son premier court-métrage Vinil Verde à la Quinzaine des réalisateurs, sélection parallèle du Festival.

L'Asie incontournable

Agassi, du réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook fait également partie des films en compétition. C'est la troisième fois qu'un de ses films concoure pour la Palme d’or. Old Boy remportait le Grand prix en 2004 ; tandis qu’en 2009, Thirst, ceci est mon sang gagnait le Prix du jury. Cette année, le cinéaste s’est dit surpris par sa sélection : "Je
ne suis pas sûr qu'il soit adapté à Cannes. C'est un film simple, avec un dénouement heureux, sans ambiguïté. Ce genre de festival aime en général les films qui suscitent le malaise".
 
Pour Brillante Mendoza, il s’agit du cinquième essai cannois. Après être passé par la Quinzaine des réalisateurs en 2007, le Philippin remportait le Prix de la mise en scène en 2009 pour son thriller Kinatay. Cette fois, il présente Ma’ Rosa dans lequel il met en scène l’histoire d’une mère de famille d’un quartier pauvre de Manille qui, pour arrondir les fins de mois, revend des narcotiques.

La Palme d'or sera décernée le dimanche 22 mai, lors de la cérémonie de remise des prix animée par le comédien français Laurent Lafitte. Au total, 84 longs-métrages seront projetés pendant les onze jours du festival, toutes catégories confondues.