Festival We Love Green : vert avant tout

Festival We Love Green 2016.
Festival We Love Green 2016.
©Julien Mignot

De la musique oui, mais pas que... Pour sa 5ème édition, le festival "We Love Green" joue à fond sa carte verte. Ce rendez-vous de la scène parisienne se veut précurseur et unique, en mixant concerts et engagement concret pour la planète.   Reportage.

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Scène Think Tank du festival We Love Green, le 5 juin 2016.
Scène Think Tank du festival We Love Green, le 5 juin 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert
Il est 18 heures, dimanche 5 juin, quand les rayons du soleil inondent enfin le bois de Vincennes (Île-de-France), où se déroule la cinquième édition du festival We Love Green. Après deux jours de grisaille et de boue, certains festivaliers enfilent leurs lunettes de soleil et enchainent les concerts de Fatima Yamaha et Savages. D’autres, se pressent devant la scène Think Tank pour assister à la conférence "Qu’y-a-t-il dans nos assiettes ? Comprendre pour mieux se nourrir". Rapidement, ils sont des dizaines à écouter attentivement Maximilien Rouer, secrétaire général de Terrena, Arnaud Daguin, chef étoilé, Chloé Stevenson, rédactrice à Foodwatch et Maxime de Rostolan, fondateur des Fermes d’Avenir et de Blue Bees, échanger sur l’impact de l’alimentation sur l’environnement. Au fil du week-end, huit rencontres de ce type, toujours autour du thème de l’environnement, ont eu lieu. 
 
Car "We Love Green" est plus qu’un simple  festival de musique : il se présente aussi comme un festival écolo-militant, d'où son nom. Les ONG de défense de l’environnement, comme Greenpeace, sont présentes et sensibilisent à leur cause les festivaliers qui passent d’une scène à l’autre. Charline, juriste à France Nature Environnement (fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement) informe sur le gaspillage et la réutilisation des produits alimentaires. Pour elle, c’est « utile de montrer ce que nous pouvons faire au quotidien pour réduire notre impact sur le changement climatique, sans faire culpabiliser les gens ». 
 
Les festivaliers du <em>We Love Green</em> se restaurent, juin 2016.
Les festivaliers du We Love Green se restaurent, juin 2016.
©Julien Mignot
Marine, festivalière assidue du "We Love Green" depuis trois ans, a bien conscience que le respect de la nature passe aussi par son alimentation. C’est pour cela qu’elle a choisi de gouter aux falafels du Freegan Pony, un restaurant solidaire anti-gaspillage qui cuisine les fruits et légumes invendus de Rungis. Elle trouve « ça chouette de passer du bon temps ici tout en respectant la planète, et sans que le discours soit moralisateur ». Cette année, "We Love Green" table sur une alimentation locale, bio et équitable à 70% et vise une revalorisation de 60% des déchets du festival. 

Des festivaliers exigeants 

« Les toilettes sèches et les panneaux solaires sont une bonne idée » mais Marine est sûre que le festival peut encore aller plus loin dans son attitude verte. L’avis est partagé par Manon qui salue la mise en place du tri des poubelles mais regrette « le peu de cendriers mis à disposition des festivaliers, et c’est dommage ». Le festival n’est peut-être pas encore parfait, mais il a le mérite de consommer une énergie renouvelable à 95%, provenant du solaire et des biocarburants.
 
Les panneaux solaires du festival We Love Green, juin 2016.
Les panneaux solaires du festival We Love Green, juin 2016.
©Julien Mignot
Jérémy avoue de son côté que ce n’est pas le côté vert qui l’a fait venir mais la programmation : « je tenais vraiment à assister au concert de PNL samedi ». Il estime cependant que tous les festivals devraient au moins assurer ce niveau du respect de l’environnement. Il espère aussi que « l’image écologique et responsable du We Love Green n’est pas uniquement un argument marketing, mais que sa démarche sera pérenne au-delà du festival ». Emilie s’étonne, quant à elle, que « les stands des entreprises, qui n’ont rien à voir avec l’écologie, soient aussi visibles que ceux des ONG ». Mais elle, qui est végétarienne depuis un an et demi, se félicite « de ne pas avoir de mal à trouver de plats sans viande et sans poisson. Ici, la cuisine se veut éthique et respecte les modes de consommation des aliments de chacun ».
 
Il est un peu plus de minuit, dimanche soir, et les dernières notes du festival viennent d’être jouées par PJ Harvey et Âme. A la sortie, les 50.000 festivaliers du week-end sont sollicités une dernière fois. Solidarités Internationales, ONG humanitaire qui porte secours aux victimes de catastrophe naturelles, leur propose de faire don leur gobelet réutilisable en plastique – normalement consigné pour un euro. Leur slogan « un gobelet = 24 heures d’eau potable pour une personne ». Alors de la prise de conscience au simple petit geste, chacun repartira peut-être un peu plus "love green".