Culture

Fini l'accent circonflexe et le trait d’union ?

La réforme de l'orthographe datant de 1990 a créé de nombreux remous ce jeudi 4 février parce qu'elle est étendue à tous les manuels scolaires en France. 
La réforme de l'orthographe datant de 1990 a créé de nombreux remous ce jeudi 4 février parce qu'elle est étendue à tous les manuels scolaires en France. 
©Thinkstock/dolgachov

L’annonce par certains médias de la fin de l’accent circonflexe dans la langue française a suscité un fort émoi sur Internet. Pourtant, rien de nouveau dans cette réforme orthographique qui date de 1990. Explications. 

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Jamais les mots « ognon » [sic] et « nénufar » [sic] n’auront connu un aussi grand succès que ce jeudi 4 février. Dans les médias, ils sont devenus les porte-drapeaux d’un chambardement orthographique qui a soulevé nombre de critiques sur internet. 
 
Toute « l’affaire » naît d’une information publiée sur le site de la chaîne de télévision nationale française TF1 le 3 février 2016 : la réforme de l'orthographe sera appliquée à la rentrée prochaine par les enseignants. 
 
Dans l’article on retrouve dix mots censés changer d’orthographe en septembre 2016: 
©TF1

Émois, joies et colères sur les réseaux sociaux. Il y a ceux qui se réjouissent de voir l’orthographe simplifiée. 

D'autres qui dénoncent un appauvrissement de la langue française :

Et les autres qui choisissent d'ajouter un peu d'humour :
 


Que de commentaires pour une réforme qui date en réalité du 6 décembre 1990 et devait être appliquée par les enseignants dès 2008.

Un an avant ce 6 décembre, c’est le Premier ministre de l’époque qui propose au Conseil supérieur de la langue française de mener une réflexion orthographique sur : - le trait d’union
- le pluriel des mots composés
- l’accent circonflexe
- le participe passé des verbes pronominaux
- et d’autres anomalies

Le Conseil soumet des rectifications à l’Académie française. Les immortels les approuvent à l’unanimité en accord avec le Conseil de la langue française du Québec et le Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique, lit-on dans le Journal officiel du 6 décembre 1990. 
 
Ces nouvelles règles « ne visent pas seulement l’orthographe
du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques », est-il aussi précisé. Le Conseil supérieur de la langue française et l’Académie française entendent ainsi refléter l’évolution des usages du français. 
 
C’est exactement ce qu’a rappelé la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, ce jeudi 4 février, face à la montée des critiques sur les nouvelles orthographes. Elle a aussi indiqué que la véritable nouveauté prévue pour la rentrée prochaine ne réside pas dans ces modifications mais bien dans le fait que « les éditeurs scolaires ont décidé de reprendre ces règles. » 
 
Et voici en quoi elles consistent :
Les différents changements d'orthographe validés par l'Académie française. 
Les différents changements d'orthographe validés par l'Académie française. 

Quid des autres pays francophones ? En Belgique, il est recommandé aux professeurs "d'enseigner les graphies rénovées".

> Décryptage de Jean-Marie Klinkenberg, Président du Conseil supérieur belge de la langue française. "Si nous voulons que notre langue  puisse dire le futur, il faut que nous puissions l'adapter, c'est-à-dire l'enrichir de terminologie. (...) Si nous voulons garder la modernité du français il y a un très gros travail à faire beaucoup plus spectaculaire sur sur l'orthographe". 

En Suisse et au Québec, les élèves peuvent utiliser l'un ou l'autre forme, toutes deux admises, sans être pénalisés. 

Que les cancres en orthographe ne se réjouissent pas trop vite. Il va maintenant falloir assimiler ces nouvelles règles et les faire cohabiter avec les précédentes.