France : la fresque-polémique

<em>“</em>L’Etat matraquant la Liberté<em>”,</em> une<em> </em>œuvre peinte sur un mur du quartier de la gare qui doit être détruit<br />
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L’Etat matraquant la Liberté”, une œuvre peinte sur un mur du quartier de la gare qui doit être détruit
 
(capture d'écran http://www.goinart.net/)

La fresque représente une Marianne à terre et qui s'apprête à goûter de la matraque policière française. L'oeuvre est exposée à Grenoble dans le cadre du Street Art Festival. Elle provoque un scandale retentissant.

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Il ne s'agit pas de l'une des nombreuses séquences vidéos disponibles sur la toile où l'on voit les forces de l'ordre matraquer des manifestants, non, il s'agit d'une fresque, une simple fresque dont la facture est des plus classiques. Elle représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché. Cette femme, c'est Marianne, LE symbole républicain,  icône de la liberté et de la démocratie. Devant elle, deux policiers anti-émeute. L'un d'eux tient un bouclier "49.3", allusion à l'article de la Constitution qui a permis de faire adopter le texte de la loi Travail sans vote.


Les policiers s'apprêtent à  matraquer la femme.  Réalisée par l'artiste Goin, cette peinture est baptisée L'État matraquant la liberté. Elle a été réalisée sur un mur proche de la gare dans le cadre du Grenoble Street Art Festival qui s'est tenu du 8 au 26 juin. Il n'en fallait pas davantage pour provoquer une indignation majeure, provoquant un vif émoi jusqu'aux plus hautes autorités de l' Etat français.

Ainsi Jean-Pierre Barbier (Les Républicains), député et président du conseil départemental de l’Isère évoque "Une fresque honteuse"  et clame son indignation via Twiter :

"Voir des policiers représentés en train de matraquer Marianne, et donc la république, alors que depuis plusieurs mois, et pas plus tard qu’il y a dix jours, ils ont donné leur vie pour elle, c’est indigne ! "

Patrick Mairesse, directeur départemental de la sécurité publique

L'ancienne ministre socialiste Geneviève Fioraso, s'est également étranglée de colère. L'opposante au maire écrit : " Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25.000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte".

Bien entendu, le ministre de l'Intérieur se devait de réagir :
Eric Piolle, le maire de Grenoble (EELV), a répondu à ces indignations frémissantes : " Nous, en tant que politiques, on s’interdit de vouloir gérer la création artistique. On comprend la réaction de la police et d’autres, mais ça reste une œuvre d’art, et l’art peut être subversif.  L’art a vocation à créer du débat, voire de la polémique".

Puis, sans doute agacé par l'étonnante  tournure que prend cette affaire, le maire, ce lundi, n'y va pas par quatre chemins :

Sur les réseaux sociaux nombre d'internautes semblent s'interroger sur cette poussée de fièvre au sujet d'une fresque :


Les anonymous trouvent cette fresque "magnifique" et préviennent : " Laissez l'art tranquille !" et le philosophe Raphael  Enthoven, pour une fois,  ne fait preuve de guère d'esprit  dans sa réaction :
 

Le mouvement politique Debout la France, évoque une fresque "de la honte",  "abjecte" et qui doit être retirée. Elle ne le sera pas. Dans les jours à venir, le mur sur laquelle elle repose, près du quartier de la gare,  doit être prochainement détruit.