Culture

Le "barbs" fait danser l’Arabie saoudite... et internet !

Chorégraphie du barbs, danse créée par le Saoudien Majed al-Esa.
Chorégraphie du barbs, danse créée par le Saoudien Majed al-Esa.
Capture d'écran

Depuis sa publication fin 2015, la vidéo du "barbs" a dépassé les 21 millions de vues. Mais cette nouvelle danse suscite l’engouement des internautes et l’agacement des conservateurs.

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Vous ne connaissez pas le "barbs" ? Pourtant il fait fureur au Moyen-Orient depuis le début de l'année. "Barbs", c'est en fait le titre d'une chanson de l'artiste saoudien Majed al-Esa dont le clip a été visionnée plus de 21 millions de fois. Dans sa vidéo, le chanteur esquisse quelques pas de danse en penchant légèrement la tête en arrière et en ondulant le bassin à la manière d’un ver de terre. Cette chorégraphie porte désormais le nom de "barbs".

Sur une musique entêtante au rythme à la fois hip hop et oriental, Majed al-Esa se trémousse vêtu d’un costume noir et de baskets rouges. A ses côtés, ses acolytes, uniquement masculins, portent jeans, t-shirts larges, baskets et casquettes. Les couleurs explosent.
 
La vidéo réunit tous les codes d’un succès annoncé, à la manière de "Watch me (Whip/Nae Nae)" de Silento, dont la vidéo a été vue plus de 800 millions de fois. La danse du clip a séduit des milliers d'internautes qui se sont amusés à se mettre en scène dans leur propre vidéo. Le "barbs" a aussi donné envie aux Saoudiens, et habitants des pays voisins, de se lâcher. Ils sont nombreux à exécuter les pas de danse et à en partager la vidéo sur les réseaux sociaux.

Mais, le "barbs" n’est pas du goût de tout le monde dans la région du Golf. En Arabie saoudite, les conservateurs "voient la vidéo comme une preuve de la façon dont les influences occidentales abîment leur société, appelant publiquement au boycottage de cette danse et exigeant que les autorités arrêtent ceux qui exécutent ces pas 'indécents'" relève le quotidien américain Washington Post.
 
Deux soldats de l’armée des Emirats arabes unis en ont ainsi fait les frais. Le 19 janvier, ils ont été arrêtés après avoir posté leur interprétation du "barbs" en uniforme. Selon le journal saoudien Okaz, cité par France24, les deux soldats ont été sanctionnés pour "non-respect de l’uniforme et de l’armée".

Quoiqu'il en soit, le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. C'est ce que constate le site d'actualité libanais L'Orient le jour. Certains éditorialistes des pays du Golfe, comme Rym Ghazzal du quotidien émirati anglophone The National, expliquent simplement ce succès. "Dans une région souvent aux prises aux conflits et aux crises, il n'est pas étonnant que des gens cherchent des moyens d'échapper aux dures réalités de la vie en faisant ce que beaucoup d'entre nous aiment à faire : danser", écrit la journaliste. Environ deux tiers des Arabes ont en effet moins de 25 ans.