Oscars : une francophone, DiCaprio, Iñarritu, "Spotlight" et "Mad Max" sacrés

Mark Rylance, Brie Larson, Leonardo DiCaprio et Alicia Vikander vainqueurs des Oscars le 28 février 2016 au  Dolby Theatre de Los Angeles.
Mark Rylance, Brie Larson, Leonardo DiCaprio et Alicia Vikander vainqueurs des Oscars le 28 février 2016 au Dolby Theatre de Los Angeles.
©Photo by Jordan Strauss/Invision/AP

"The Revenant" a fait entrer son réalisateur Alejandro Iñarritu dans la légende des Oscars et offert à Leonardo DiCaprio sa première statuette. La francophone Brie Larson a, elle, été primée pour son rôle dans "Room".

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Enfin. Ce dimanche 28 février, Leonardo DiCaprio a reçu son premier Oscar pour son interprétation du trappeur Hugh Glass dans "The Revenant". Il avait déjà été nommé quatre fois pour ses rôles dans "Gilbert Grape", "Aviator", "Boold Diamonds" et "Le Loup de Wall Street". L'acteur de 41 ans a décrit le tournage de "The Revenant" comme l'une des plus difficiles expériences de sa carrière. Pour ce rôle, il a escaladé des montagnes avec de lourdes fourrures sur le dos, s'est baigné dans des rivières glacées et a même dévoré du foie de bison cru.

Après une ovation du Dolby Theatre de Los Angeles, ce militant écologiste a appelé une nouvelle fois à agir contre le changement climatique, "menace la plus urgente pesant sur notre espèce". Il a rendu hommage à ses parents, à Martin Scorsese, dont il est l'acteur fétiche, et à Iñarritu : "tu as forgé ta place dans l'Histoire". Le Mexicain, déjà primé l'an dernier pour "Birdman", est seulement le troisième metteur en scène à réussir un tel doublé, après les mythiques John Ford (1941 et 1942) et Joseph L. Mankiewicz (1950 et 1951).

Son compatriote Emmanuel Lubezki est le premier directeur de la photographie à enchaîner trois Oscars. Il a su capter la beauté des paysages perdus et la brutalité du corps-à-corps de DiCaprio avec un grizzli dans "The Revenant".

"Spotlight", de Tom McCarthy, est lauréat de l'Oscar du meilleur film. Il raconte l'histoire vraie d'une équipe de journalistes du Boston Globe à l'origine de la révélation d'un scandale d'abus sexuels dans l'Eglise catholique. Le long-métrage est servi par un casting remarquable dont Michael Keaton, Mark Ruffalo et Rachel McAdams font partie.

"Ce film a donné une voix aux victimes. Cet Oscar amplifie leur voix et nous espérons que ce choeur va résonner jusqu'au Vatican", a lancé le co-producteur Michael Sugar. "Pape François, il est temps de protéger les enfants et de restaurer la foi" dans l'Eglise catholique, a-t-il ajouté, lors de cette 88e cérémonie des Oscars retransmise dans le monde entier.

Une francophone oscarisée

L'Américaine d'origine québécoise, Brie Larson (United States of Tara, Scott Pilgrim), a été sacrée meilleure actrice. Dans "Room", elle incarne Joy "Ma" Newsome, une jeune femme de 24 ans gardée prisonnière et violée pendant sept ans par "Old Nick". De cette captivité est né un petit garçon, Jack.

La francophone de 26 ans a rendu hommage à celui qui est son fils à l'écran, l'acteur prodige de 9 ans Jacob Tremblay. "Il a été mon partenaire à travers tout ça, dans tous les sens du terme", a déclaré, émue, celle qui a remporté les principaux prix de la saison, notamment un Golden Globe et un SAG Award. Elle était nommée aux Oscars pour la première fois cette année au côté de Cate Blanchett ("Carol") et Charlotte Rampling ("45 ans").

"Merci à ceux qui vont au cinéma, à ceux qui ont vu notre film, c'est quelque chose que j'apprécie", a-t-elle ajouté en recevant son prix. Brie Sidonie Desaulniers, de son vrai nom, a grandi en parlant français (son père est canadien francophone NDLR). Elle a raconté au magazine Glamour avoir adopté le patronyme de son arrière grand-mère maternelle car Desaulniers était trop difficile à prononcer en anglais.

"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven, qui représentait la France et vainqueur de quatre César cette année, n'a pas reçu l'Oscar du meilleur film étranger. C'est "Le Fil de Saul", du Hongrois László Nemes, qui a raflé la statuette.

Des Oscars si blancs…

La saga post-apocalyptique "Mad Max: Fury Road" de George Miller est, quant à elle, repartie avec six prix techniques lors d'une cérémonie marquée par la polémique sur l'absence de diversité à Hollywood.

Cette polémique a été le fil rouge de la soirée. Pour la deuxième année de suite, les 20 acteurs candidats aux Oscars étaient blancs. Le présentateur Chris Rock a parsemé la cérémonie de sketches évoquant la frustration des Afro-américains face à leur difficulté à obtenir des rôles, interrogeant frontalement : "Est-ce qu'Hollywood est raciste ?".

"Si vous voulez des acteurs noirs chaque année aux Oscars, il faut créer des catégories pour les Noirs", a-t-il plaisanté, sarcastique. Il a martelé : "Nous. Voulons. Des opportunités". La présidente de l'Académie des Oscars, Cheryl Boone Isaacs, elle-même Afro-américaine, a appelé "à agir" pour plus d'ouverture aux femmes et minorités.

Le chanteur Sam Smith, oscarisé pour la chanson du dernier James Bond, a estimé que "c'est important de parler de ces questions (...), il y a tant de choses qui doivent changer". Après avoir annoncé qu'il était probablement le premier homosexuel déclaré à gagner un Oscar - doublant Lady Gaga - il a appris en salle de presse qu'il s'était trompé, laissant échapper un juron... et déclenchant les rires.

Palmarès des Oscars 2016

Meilleur film : "Spotlight" de Tom McCarthy
Meilleur réalisateur : Alejandro Gonzalez Iñarritu pour "The Revenant"
Meilleur acteur : Leonardo DiCaprio pour "The Revenant"(Alejandro Gonzalez Iñarritu)
Meilleur actrice : Brie Larson pour "Room" (Lenny Abrahamson)
Meilleur acteur dans un second rôle : Mark Rylance pour "Le Pont des Espions" (Steven Spielberg)
Meilleure actrice dans un second rôle : Alicia Vikander pour "Danish Girl" (Tom Hooper)
Meilleur film étranger : "Le Fils de Saul" (László Nemes)
Meilleur scénario original : Tom McCarthy et Josh Singer pour "Spotlight"
Meilleure adaptation : Charles Randolph et Adam McKay pour "The Big Short : le casse du siècle"
Meilleur film d'animation : "Vice-Versa"des studios Disney et Pixar (Pete Docter et Ronaldo Del Carmen)
Meilleur documentaire : "Amy" de Asif Kapadia
Meilleur court métrage de fiction : "Stutterer" de Serena Armitage et Benjamin Cleary.
Meilleur court métrage d'animation : "Bear Story" de Pato Escala Pierart et Gabriel Osorio Vargas.
Meilleur court métrage documentaire : "A Girl in the River : The Price of Forgiveness" de Sharmeen Obaid-Chinoy.
Meilleure bande originale : Ennio Morricone pour "Les Huit Salopards" (Quentin Tarantino)
Meilleure chanson originale : "Writing's On The Wall", de Sam Smith et Jimmy Napes pour "Spectre" (Sam Mendes)
Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki pour "The Revenant" (Alejandro Gonzalez Iñarritu)
Meilleur montage : Margaret Sixel pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleurs décors : Colin Gibson et Lisa Thompson pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleure costumes : Jenny Beavan pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleurs maquillages et coiffures : Lesley Vanderwalt, Elka Wardega et Damian Martin pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleur montage sonore : Mark A. Mangini et David White pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleur mixage sonore : Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo pour "Mad Max : Fury Road" (George Miller)
Meilleurs effets spéciaux : Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris et Andrew Whitehurst pour "Ex Machina" (Alex Garland)