Paris : la crue menace les musées

Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables, le 3 juin 2016.
Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables, le 3 juin 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert

Vendredi 3 juin, plusieurs musées parisiens ont fermé leurs portes au public afin d'évacuer les oeuvres menacées par la crue de la Seine. Si cette mesure est préventive dans la capitale, des dégâts ont été constatés en région. 

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Mise à jour du 4/6/16 à 10 h TU La crue de La Seine à Paris "a atteint cette nuit un pic à 6,10 mètres" et "on n'ira pas plus haut", a déclaré à l'AFP Bruno Janet, chef du pôle de modélisation de Vigicrues. Depuis ce maximum, enregistré à 2 heures du matin, la Seine décroît d'un centimètre par heure environ et était redescendue à 6,04 mètres à 10 heures. "Le maximum est passé, c'est sûr, mais il peut y avoir encore quelques fluctuations, compte tenu des nombreux cours d'eaux qui affluent et des précipitations prévues en Ile-de-France cet après-midi", a souligné l'expert.


La situation est exceptionnelle. Vendredi 3 juin en fin de matinée, le musée du Louvre est désert. La Vénus de Milo est esseulée au milieu du département des antiquités grecques. Depuis la veille, le musée le plus visité du monde est, en effet, fermé. La crue de la Seine menace. A quelques pas du Palais du Louvre, le niveau du fleuve vient de dépasser les 6 mètres. 

La Vénus de Milo au musée du Louvre, le 3 juin 2016.
La Vénus de Milo au musée du Louvre, le 3 juin 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert
 
Sur les planchers de marbre du musée, des dizaines de bacs gris numérotés s’entassent au milieu des statues. L’évacuation des 250.000 œuvres conservées dans les réserves inondables a débuté la veille en fin de journée. Trois parties sont concernées : le niveau bas du département des arts de l’Islam, les réserves enterrées du département des antiquités grecques, étrusques et romaines et les collections de l’Egypte de la période copte. 
 
Jean-Luc Martinez, président-directeur du Musée du Louvre se veut pourtant rassurant « pour le moment, il n’y a pas d’inondation, ni d’infiltration. L’édifice et le public ne sont pas en danger ». La précaution de fermer le Louvre a été prise « pour disposer des trois jours nécessaires afin d’évacuer toutes les collections menacées dans des conditions satisfaisantes ». 

D’autres musées fermés

Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables.
Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables.
©TV5MONDE/Amélie Revert
Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la communication, a réuni, ce vendredi matin au musée du Louvre, les responsables des institutions culturelles publiques des zones atteintes par les crues. A l’issue de la rencontre, la ministre se félicite de la réussite du plan préventif de mise à l’abri des œuvres à Paris. Celles du Louvre « ne sont pas en danger » affirme-t-elle. 
 
Mais pour Audrey Azoulay, la vigilance reste de mise « car on ne connaît pas l’évolution de la crue et d’autres établissement risquent d’être touchés ». La Bibliothèque nationale de France et le Grand Palais ont d’ores et déjà pris la décision de fermer. Le musée d’Orsay également. « Le plus grand danger, serait une infiltration d’eau dans la réserve. L’eau stagnante risquerait de macérer et d’endommager les collections des réserves » prévient sont président, Guy Cogeval. 

Dégâts en région

Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables, le 3 juin 2016.
Le musée du Louvre évacue ses oeuvres hors de ses réserves inondables, le 3 juin 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert
Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments nationaux est confiant pour les monuments parisiens « même ceux situés sur l’île de la cité, pourtant entourée par les flots ». Mais la situation dans la région Centre-Val de Loire le préoccupe. Trois sites ont subis d’importants dommages : les châteaux de Talcy, de Fougères-sur-Bièvre et d’Azay-le-Rideau. Talcy a déjà rouvert et les manifestations prévues pourront avoir lieu ce week-end. Dans les deux autres châteaux, les espaces et les parcs ont été submergés mais les œuvres n’ont pas été abîmées. Pour Philippe Bélaval il faut maintenant « attendre la décrue pour avoir une appréciation globale des dégâts ».
 
Le musée du Louvre entreprose ses oeuvres en lieux lors de la crue de la Seine, le 3 juin 2016.
Le musée du Louvre entreprose ses oeuvres en lieux lors de la crue de la Seine, le 3 juin 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert
La ministre de la Culture évoque aussi le château de Chambord dont les circuits électriques et le système d’alerte anti-incendie ont touchés. « Le château lui-même n’a pas subi de dégâts. En revanche ses enceintes, oui ». Il faut désormais attendre l’amorce de la décrue pour pouvoir mener les expertises nécessaires à l’évaluation des dommages. 
 
Les musées du Louvre et d’Orsay espèrent une réouverture au public dès mardi 7 juin. « Nous suivons l’évolution de la crue et prenons des décisions en fonction » conclut le président-directeur du musée du Louvre, qui n’avait pas évacué ses œuvres depuis la Seconde Guerre mondiale.