"SolarWind" : un arc-en-ciel nocturne aux portes de Paris

(France3/FranceTV)

Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge... Il faudra aux milliers d'automobilistes parisiens, pas mal de concentration pour ne pas se laisser happer par "SolarWind", une oeuvre lumineuse projetée sur deux immenses silos qui bordent le périphérique de la capitale française.

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Quelle drôle d'idée et quel drôle d'endroit pour une rencontre lumineuse.
Coincée entre le périphérique parisien, ou défilent un millier d'automobilistes chaque jour, et l'usine de retraitement de déchets, l'une des plus grandes d'Europe, l'installation "SolarWind", comme son nom le suggère, se présente comme un hommage à l'astre solaire, et à ses éruptions.

Cette œuvre en couleur, tout droit sortie de l'imaginaire de l'artiste français Laurent Grasso sera projetée chaque soir, à la nuit tombée, sur les 40 mètres de haut et 20 mètres de diamètre des deux immenses silos des Ciments Calcia qui s'élèvent au niveau de la Porte de Bercy, en bordure parisienne.
 



''SolarWind évoque les orages magnétiques qui ont provoqué le black-out en 1989 au Canada où tous les appareils électriques étaient tombés en panne. L’œuvre joue sur nos peurs contemporaines en créant une tension autour de l’inconnu lié aux vents solaires et de leurs possibles effets sur la Terre'', explique Laurent Grasso, plasticien de 43 ans, qui vit et travaille entre Paris et New York.

Cette œuvre monumentale se déclenche le soir grâce à un capteur crépusculaire. Pour parvenir à ce résultat, spectaculaire, il a fallu inventer des projecteurs adaptés, soit 40 boîtes composées de LED puissantes, peu consommatrices d’énergie. Commandée et financée par la mairie du XIIIe arrondissement de Paris, les Ciments Calcia et la Semapa, maître d’ouvrage de la rénovation urbaine, l’installation a été inaugurée ce 25 janvier 2016.

 

La puissance des éruptions solaires nous met face à notre absence de maîtrise. C’est un sujet à la fois poétique et philosophique qui génère un imaginaire infini. Laurent Grasso

"Il y a eu un appel à candidatures pour transformer ces deux silos à béton et en béton, et j'ai répondu», dit-il. "J'ai proposé de créer un baromètre de la météo de l'espace, d'utiliser des formes et des lumières que j'ai définies pour informer sur l'activité solaire en temps réel. J'ai donc apporté mon projet SolarWind, il a été reçu. Puis, nous avons travaillé quatre ans pour le réaliser. C'est un «process» très compliqué car il a fallu tout inventer, notamment les panneaux de LED qui permettent de diffuser la lumière sur les silos et dont les optiques ont été spécialement moulées pour mon projet. Arriver à avoir cette intensité lumineuse sur une telle surface et une telle hauteur est un exploit technique. Objectif? Que l'on puisse voir le projet, le plus loin possible".

Le soleil serait-il devenu une obsession pour Laurent Grasso ? Peut-être... Dans un de ses films, "Soleil noir", il filmait déjà avec des drônes, les éruptions du volcan italien Stromboli, lors d'une autre projection, en 2012, il offrait un soleil de nuit aux Parisiens.