Culture

Paris : une Nuit Blanche qui se met au vert

©Munem Wasif/Agence VU’

A deux mois de la COP21, le climat est l’invité d’honneur de la Nuit Blanche. Ce samedi 3 octobre, il se fond dans les œuvres d’art contemporain dispersées sur la rive droite de Paris afin de sensibiliser les citadins aux dérèglements climatiques.

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La fin d’année 2015 à Paris est définitivement placée sous le signe du climat. Alors que la COP21 se tiendra au Bourget du 30 novembre au 11 décembre, la Capitale devient verte pour la quatorzième édition de la Nuit Blanche.
Le 3 octobre, une trentaine d’artistes contemporains, français et internationaux, dévoilent ainsi une centaine de projets ayant pour thème les changements climatiques.

La Nuit Blanche est aussi l’occasion, le temps d’une balade pour noctambules, de redécouvrir des espaces et des lieux populaires ou méconnus.
Cette année, tout se passe rive droite avec deux parcours au nord-ouest, du Parc Monceau à la Petite Ceinture, et au nord-ouest, de la Gare du Nord à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Un itinéraire dit « tangente » permet au public de passer de l’un à l’autre sans quitter l’univers artistique qui envahit Paris le temps d’une nuit. Le quartier de l’Hôtel de Ville n’est pas en reste et accueille également des performances.

Minimum Monument, Berlin, Septembre 2009 
Minimum Monument, Berlin, Septembre 2009 
© Néle Azevedo

Quelques oeuvres retiennent notre attention 

Minimum Monument aux escaliers du square Aristide-Cavaillé-Coll

Le projet de Néle Azevedo est une invitation à déposer des petits bonshommes de glace sur les marches des escaliers du square Aristide-Cavaillé-Coll dans le 10e arrondissement. Ceux-ci ne tardent pas à fondre et à disparaître au fil des heures. Il s’agit ici d’un « avertissement symbolique » des dangers du réchauffement climatique et de la vie éphémère.

Spectrum sous le tunnel piétonnier de la gare Rosa Parks

Spectrum du collectif Sinato + ARCHIEE + Izumi Okayasu est une métaphore du climat située dans le 19e arrondissement. Telle un « objet naturel, poétique, flottant et fragile », l’installation crée une brume grâce à des effets de lumière et rendent confuses les notions d’échelle. Ainsi, Spectrum nous apprend que l’appréhension du climat passe aussi par des phénomènes physiques.

Nuit noire à la SCAM

Action contre la faim et l’agence VU investissent la Société civile des auteurs numériques dans le 8e arrondissement et proposent l’exposition Nuit noire avec des clichés du photographe bangladais Munem Wasif. Nuit noire rend compte de la menace climatique qui pèse sur le Bangladesh, entrainant inéluctablement une insécurité alimentaire. Là-bas, 72,9% des familles n’ont pas accès à une alimentation suffisante selon l’ONG.

Spectrum de Sinato + ARCHIEE + Izumi Okayasu
Spectrum de Sinato + ARCHIEE + Izumi Okayasu
©Photo ARCHIEE Courtesy
La nuit des abeilles au Parc Monceau

L’installation sonore d’Erik Samakh, un « chasseur-cueilleur » d’images et de sons depuis 30 ans, est dédiée à la nature. Il a enregistré dans le sud de la France les bruits d’insectes, d’oiseaux et de batraciens qu’il propose au public d’écouter afin de prendre conscience des changements climatiques. Les animaux doivent en effet sans cesse s’adapter aux migrations d’autres espèces dues aux changements climatiques. Certaines s’en voient même menacées. Pour lui, Paris n’y échappera pas et les parcs et jardins, dont le Parc Monceau, en seront complètement modifiés.

Et si on s’était trompés au Centre culturel Irlandais

Au coeur du 5e arrondissement, l’exposition rassemble photographies et vidéos qui explorent l’impact de notre société et de la mondialisation sur l’environnement. Une quinzaine d’artistes questionnent ainsi l’industrialisation, l’accumulation, et l’expansion en ne se posant qu’une seule question : « et si on s’était trompé ? »
 
Le programme complet de la Nuit Blanche 2015 à Paris est à retrouver ici.

La nuit des abeilles
La nuit des abeilles
©Marc Domage