62% d'UniCredit désormais aux mains d'investisseurs institutionnels

Le logo d'Unicredit, le 9 février 2017 à Rome
Le logo d'Unicredit, le 9 février 2017 à Rome
afp.com - FILIPPO MONTEFORTE
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Quelque 62% du capital d'UniCredit est détenu par des investisseurs institutionnels à l'issue de l'augmentation de capital de 13 milliards d'euros menée en février, a annoncé jeudi le directeur général de la banque italienne.

Par ailleurs, les actionnaires individuels en détiennent 13%, les fonds souverains 10% et les Fondations 6%, tandis que d'"autres" actionnaires contrôlent les 9% restants, a détaillé Gianni Franco Papa lors de l'assemblée générale, qui a approuvé à 99,4% le bilan 2016 marqué par une perte record de plus de 11 milliards d'euros.

Parmi les 62%, seulement 2% sont aux mains d'investisseurs de droit italien, a-t-il ajouté.

Seul un actionnaire, le fonds Aabar, détient plus de 5% du capital, en l’occurrence 5,038%, a par ailleurs indiqué le président d'UniCredit, Giuseppe Vita.

L'augmentation de capital, la plus importante dans l'histoire de l'Italie, a été "un grand succès", s'est félicité le numéro un de la banque, Jean-Pierre Mustier, qui a engagé une profonde réorganisation visant à tourner la page des difficultés passées depuis son arrivée à la tête d'UniCredit en juillet.

"Les fonds et les investisseurs institutionnels ont reconnu la validité du plan (stratégique annoncé en décembre) et la capacité de notre management à le réaliser", a estimé de son côté M. Vita.

La banque entend supprimer 14.000 emplois équivalents temps plein (sur 101.000) d'ici fin 2019, céder 17,7 milliards d'euros de créances douteuses et a déjà mené plusieurs cessions d'actifs pour renforcer sa solidité.

M. Mustier a souligné que "la qualité des actifs (de la banque) était en amélioration constante".

UniCredit ne distribuera pas de dividende "en raison du contexte et du bilan" 2016, mais le fera de nouveau à partir de 2018, a confirmé M. Vita, en soulignant que pour cette année le groupe avait choisi "une approche prudente et mesurée, dans le sens d'une plus grande consolidation patrimoniale, spécialement dans cette toute première phase de transformation".

Celle-ci va se traduire notamment par une gouvernance simplifiée, avec seulement un vice-président au lieu de trois auparavant.

La banque a ainsi annoncé jeudi le départ de Luca Cordero de Montezemolo de son poste de vice-président, après celui début mars de Fabrizio Palenzona.

Concernant la compagnie italienne en difficulté Alitalia, dont la banque est actionnaire, Gianni Franco Papa a souligné qu'UniCredit y avait perdu "près de 500 millions d'euros, c'est beaucoup d'argent".

La compagnie a proposé un vaste plan de restructuration passant, après négociations avec les syndicats, par quelque 1.700 suppressions d'emplois et une baisse de 8% des salaires du personnel naviguant.

Les actionnaires ont conditionné le financement du plan de relance à la victoire du oui lors d'une consultation menée jusqu'à lundi auprès des salariés.

"Nous avons toujours soutenu Alitalia et nous voudrions continuer à le faire dans le futur, mais pour cela nous devons être certains que pour Alitalia il y ait une solution durable dans une perspective de long terme", a indiqué M. Papa.