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Allocations familiales: Philippe promet "un vrai bon débat" avant toute décision

Édouard Philippe, le 11 octobre 2017 à l'Assemblée nationale
Édouard Philippe, le 11 octobre 2017 à l'Assemblée nationale
afp.com - JACQUES DEMARTHON
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Édouard Philippe s'est engagé mercredi soir à mener un "vrai bon débat" sur une possible remise en cause de "l'universalité" des allocations familiales, qui pourrait se traduire par une baisse ou une disparition du dispositif pour des ménages aisés.

Lors de son nouveau rendez-vous hebdomadaire en direct sur Facebook, où il répond à des questions posées par des internautes, le Premier ministre a souligné que cette "bonne" question "méritait d'être posée" mais affiché sa prudence en la matière.

"On va se poser cette question, mais après un vrai bon débat, et pas simplement le soir au détour d'un amendement budgétaire qui n'aurait pas été complètement mesuré dans ses implications", a déclaré M. Philippe lors de cette émission réalisée depuis son bureau à Matignon.

Le débat aura lieu "calmement en réfléchissant à l'ensemble des prestations versées dans le cadre de la politique familiale", a-t-il assuré.

"C'est une politique importante, la politique familiale, ça fait plus de 70 ans qu'elle existe, elle produit de bons résultats, la France est un des pays dans lequel la démographie est la plus élevée en Europe", a souligné l'ancien maire du Havre.

"Même si on sait que depuis un ou deux ans cette démographie diminue un petit peu, donc il faut que l'on fasse attention à ce que l'on fait en matière de politique familiale", a-t-il immédiatement noté.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les allocations familiales sont versées à toutes les familles ayant au moins deux enfants à charge. Ce principe, défendu notamment par les associations familiales, la droite, mais aussi historiquement par le PCF et les syndicats, a pour objectif de compenser la charge que représente un enfant.

En juillet 2015, pendant le quinquennat de François Hollande, les allocations familiales ont été modulées en fonction des revenus, les plus aisés les voyant divisées par deux, voire par quatre, suscitant de vifs débats.

Ces dernières semaines, des membres de la nouvelle majorité LREM ont soulevé l'éventualité d'une suppression pure et simple des allocations familiales pour les plus hauts revenus.

"Un certain nombre de gens aujourd'hui disent: +à quoi ça rime de toucher des prestations familiales quand une famille gagne 6.000, 7.000, 8.000 euros par mois", a résumé M. Philippe.

Disant "comprendre qu'on se pose cette question", le Premier ministre a justifié sa prudence en soulignant qu'elle pourrait peut-être remettre en cause l'universalité dans d'autres domaines.

"La question qui sera forcement posée si on revient sur cette prestation, c'est la question de savoir si tout le monde va payer la même chose ou recevoir la même chose sur des prestations qui ne sont pas des prestations sociales", a-t-il dit, prenant l'exemple d'un forfait hospitalier qui varierait en fonction des revenus.

Le député LREM Olivier Véran avait estimé fin septembre que la suppression des allocation familiales "pour les plus hauts revenus (par exemple pour ceux qui gagnent plus de 6.000 euros par mois) représenterait une économie d'environ 440 millions d'euros par an.