Arabie et Etats-Unis, des relations solides malgré les aléas

Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le 14 mars 2017 à la Maison Blanche, à Washington
Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le 14 mars 2017 à la Maison Blanche, à Washington
afp.com - NICHOLAS KAMM

Donald Trump entame samedi son premier voyage à l'étranger comme président par l'Arabie saoudien, un pays avec lequel Washington entretient des rapports de longue date basés sur la sécurité et le pétrole.

- Depuis 1940

Les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1940 durant la deuxième guerre mondiale. Cinq ans plus tard, leur partenariat a été scellé lors de la rencontre historique entre le roi Abdel Aziz ben Saoud et le président Franklin D. Roosevelt à bord du croiseur USS Quincy dans le canal de Suez.

La découverte de vastes réserves de pétrole sous les sables du désert saoudien à la fin des années 1930 a donné au royaume le rang de partenaire vital pour les Etats-Unis, avides d'or noir.

Lorsque le Koweït a été envahi en 1990 par l'armée irakienne de Saddam Hussein, le président américain de l'époque George H. W. Bush a ordonné l'opération "Tempête du Désert". Il a alors utilisé les bases aériennes américaines en Arabie saoudite et déployé des milliers de soldats américains sur le sol du royaume.

"Un moment de coopération sans pareil entre les deux grands pays", s'était félicité M. Bush.

- Tensions puis coopération

Mais il y a eu des périodes de tensions dans les relations bilatérales, y compris après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiqués par Al-Qaïda. 15 des 19 pilotes qui avaient détourné les avions ayant tué quelque 3.000 personnes étaient des Saoudiens.

Mais plusieurs attaques, perpétrées à partir de 2003 contre des ressortissants étrangers et les forces de sécurité saoudiennes, ont fait de Ryad un partenaire solide dans la lutte contre Al-Qaïda. Le prince Mohammed ben Nayef, aujourd'hui héritier du trône, est apprécié à Washington pour son rôle dans la répression de ce groupe jihadiste.

- En Syrie et au Yémen

Dès 2014, des avions saoudiens ont participé aux opérations de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, combattent le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

En 2015, le royaume sunnite s'est beaucoup plus focalisé sur le Yémen où il mène une campagne militaire contre des rebelles accusés de liens avec l'Iran chiite.

Washington fournit à la coalition arabe sous commandement saoudien du renseignement, du ravitaillement en vol et des bombes. Mais l'administration Obama a bloqué en décembre une vente d'armes à Ryad, par crainte de les voir utilisées contre les civils au Yémen.

- Après Obama

Les dirigeants saoudiens ont été ravis de tourner la page de l'ère Obama qui a refusé d'impliquer son pays dans la guerre contre le régime syrien de Bachar Al-Assad et a amorcé une ouverture en direction de l'Iran, grand rival de Ryad.

Ils ont salué chaleureusement l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a fait écho aux inquiétudes saoudiennes devant l'influence "néfaste" de l'Iran.

Le puissant vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, 31 ans, a été le premier dirigeant du Golfe à être reçu à Washington par M. Trump. Le directeur de la CIA Mike Pompeo, le secrétaire à la Défense Jim Mattis et le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly ont tour à tour visité l'Arabie saoudite cette année.

Le prince Mohammed est ministre de la Défense, mais il s'implique beaucoup dans les dossiers économiques. Il est ainsi l'artisan de l'ambitieux plan Vision 2030, lancé l'an dernier pour réduire la dépendance du royaume au pétrole. Il essaie en ce moment d'attirer des investisseurs américains.

En 2016, les exportations des Etats-Unis vers l'Arabie saoudite se sont élevées à 18 milliards de dollars et ses importations du royaume à 17 milliards.