Cinq moments-clés de la crise au Venezuela

Le cercueil de Hugo Chavez quitte l'académie militaire de Caracas, le 15 mars 2013
Le cercueil de Hugo Chavez quitte l'académie militaire de Caracas, le 15 mars 2013
afp.com - HO
Venezuela, dates clés du président Nicolas Maduro
Venezuela, dates clés du président Nicolas Maduro
afp.com - Gustavo IZUS, Anella RETA

La crise politique au Venezuela, dont un nouvel épisode se joue mercredi avec de grandes manifestations prévues par les opposants et partisans du président socialiste Nicolas Maduro, a connu depuis 2013 cinq moments-clés.

- 2013 : Chavez meurt -

Père de la "révolution socialiste" vénézuélienne et auréolé d'une grande popularité dans le pays, Hugo Chavez décède le 5 mars 2013 d'un cancer, à l'âge de 58 ans.

Son vice-président Nicolas Maduro, désigné par Chavez comme son héritier politique, ne jouit pas du même soutien : il gagne de justesse l'élection pour lui succéder, face au candidat unique de l'opposition, Henrique Capriles.

- 2014 : le pétrole chute -

Chavez a largement pioché dans les recettes liées aux énormes réserves pétrolières du pays - les plus importantes au monde - pour financer des programmes sociaux, gagnant ainsi la sympathie des plus pauvres.

Mais à partir de mi-2014, les cours du brut commencent à chuter, privant le Venezuela de devises pour payer ses importations - essentielles dans ce pays qui fait venir presque tous ses produits de l'extérieur - et causant de graves pénuries d'aliments et de médicaments.

- 2015 : l'opposition gagne -

A mesure que l'économie vénézuélienne sombre, le mécontentement populaire grandit, au profit de l'opposition qui remporte en décembre 2015 une victoire historique aux élections législatives.

Ce résultat électoral intensifie la bataille politique entre les deux camps, les institutions réputées proches de M. Maduro, comme la Cour suprême, faisant alors tout pour bloquer les décisions des parlementaires.

- 2016 : le référendum échoue -

Principale stratégie de l'opposition pour éjecter Nicolas Maduro, le projet de référendum révocatoire est définitivement enterré en octobre 2016 par le Conseil national électoral (CNE), qui reporte sine die la collecte de signatures devant permettre d'organiser la consultation.

Pour apaiser la colère des anti-Maduro, un dialogue politique est alors engagé sous la médiation du Vatican mais il échoue rapidement, chaque camp accusant l'autre de mauvaise foi.

- 2017 : les manifestations reprennent -

Après une période de calme relatif dans les rues, une vague de protestations est déclenchée le 1er avril par la décision de la Cour suprême, réputée proche de M. Maduro, de s'arroger les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui la pousse à faire machine arrière 48 heures plus tard.

La colère monte encore lorsque la justice inflige 15 ans d'inéligibilité à la figure de l'opposition Henrique Capriles.

On dénombre jusqu'à présent cinq morts et des centaines de blessés, laissant craindre une répétition de la précédente vague de manifestations ayant secoué le Venezuela en 2014, qui avait fait 43 morts selon le bilan officiel.

"Avec cette dynamique sociale, on pourrait bien approcher un point de basculement", prédisaient lundi les analystes du cabinet Eurasia, dans une note.