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Côte d'Ivoire: le phénomène des "microbes" délinquants en recul

Des jeunes dans le quartier d'Abobo, le 3 août 2017 à Abidjan
Des jeunes dans le quartier d'Abobo, le 3 août 2017 à Abidjan
afp.com - ISSOUF SANOGO
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Le phénomène des "microbes", ces bandes de jeunes accusées de nombreuses agressions à main armée à Abidjan "est en plein recul", a affirmé vendredi la police ivoirienne.

Grâce à une vaste opération des forces de sécurité baptisée "Epervier 3", menée depuis le 21 septembre, qui mobilise 1.500 policiers dans la capitale économique ivoirienne et 1.100 en province, "le phénomène des microbes est en plein recul" et "le sentiment d'insécurité a baissé parmi la population", a déclaré le porte-parole de la police, le commissaire Charlemagne Bleu, lors d'une conférence de presse.

Les médias dénoncent régulièrement l'insécurité provoquée à Abidjan par ces bandes de jeunes délinquants appelés "microbes" par les Ivoiriens, qui lancent des attaques violentes dans différents quartiers, se soldant parfois par des blessés graves, voire des morts.

Selon les chiffres fournis par la police, 5.800 personnes ont été interpellées en trois semaines et 248 d'entre elles déférées devant la justice. Parmi les interpellations ne figurent cependant que cinq mineurs.

Le phénomène des microbes a évolué et ce sont maintenant de jeunes adultes qui composent les bandes, a affirmé le commissaire Bleu, soulignant l'importance du nombre d'armes blanches saisies, 890 couteaux et 190 machettes, le type d'armes typiquement utilisées par les "microbes".

Selon un rapport de la justice ivoirienne présenté jeudi, "45 enfants de moins de 18 ans ont été déférés en 2016-2017 devant le parquet d'Abidjan pour meurtres, vols, coup et blessures, pillages, assassinat".

"Ces délinquants mineurs opèrent en bande de dix, rarement seuls, à visage découvert, de jour comme de nuit. Ils n'utilisent pas d'arme à feu, mais des couteaux, des barres de fer, des machettes (...) et trouvent leur inspiration et leur stimulation dans la consommation de stupéfiant", rapporte la magistrate Mireille Kouassi, auteure du rapport présenté lors de la rentrée judiciaire.