Dupont-Aignan contre Le Figaro: direction et SDJ réfutent toute censure

Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout en France à l'élection présidentielle, lors de l'émission politique "15 minutes pour convaincre" sur France Télévision, à Paris, le 20 avril 2017
Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout en France à l'élection présidentielle, lors de l'émission politique "15 minutes pour convaincre" sur France Télévision, à Paris, le 20 avril 2017
afp.com - Martin BUREAU
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La direction du Figaro et la société des journalistes (SDJ) du quotidien ont réfuté vendredi les accusations de "censure" de Nicolas Dupont-Aignan, proférées jeudi sur France 2, assurant que le journal avait largement couvert le candidat de Debout la France.

Ce dernier a lu jeudi soir en direct un SMS provenant selon lui de l'homme d'affaires Serge Dassault, sénateur LR et propriétaire du Figaro, lui demandant de se retirer en faveur du candidat de la droite François Fillon sous peine d'être boycotté dans le quotidien.

"+Le boycott de mon journal n'est que la conséquence+", a-t-il commencé à citer, commentant: "Je me plaignais du boycott de son journal", avant de poursuivre la lecture "... de ton attitude contre Fillon et ce n'est pas en restant dans ton coin que tu y arriveras mais en étant dans une équipe gouvernementale".

Cette accusation a été réfutée fermement par Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, qui a déclaré à l'AFP que ces dernières semaines le journal avait "accordé une large place à M. Dupont-Aignan dans de nombreux articles, interviews et reportages, dont quinze qui lui étaient entièrement consacrés, y compris une tribune cette semaine".

"Il suffit de faire une recherche sur notre site", a lancé M. Brézet.

Il a par ailleurs refusé de se prononcer sur le SMS lu par M. Dupont-Aignan, précisant n'avoir pas eu de contact avec M. Dassault à ce sujet.

Dans un communiqué, la SDJ ajoute que "les journalistes du service politique ne se sont jamais plaints durant la campagne de consignes particulières et démentent formellement qu'instruction leur a été donnée de censurer ce candidat".

"A l'instar d'autres groupes de presse, Le Figaro a un actionnaire industriel, Serge Dassault, sénateur LR. Le directeur des rédactions Alexis Brézet est le garant de l'indépendance des journalistes vis-à-vis de toute intervention extérieure", souligne la SDJ.

"L'ensemble des publications du Figaro ne saurait être inféodé à quelque pouvoir ou parti politique ce soit", ajoute-t-elle.

"Quiconque a des remarques à faire concernant la façon dont il s'estime traité dans les diverses publications, doit s'adresser au directeur des rédactions (...). En aucun cas, il ne revient à l'actionnaire de régler ce type de problème", conclut la SDJ.