Blanchisserie industrielle: Elis lance une OPA hostile sur Berendsen

Xavier Martiré, le président du directoire d'Elis, à Paris le 4 septembre 2014
Xavier Martiré, le président du directoire d'Elis, à Paris le 4 septembre 2014
afp.com - ERIC PIERMONT
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Le groupe français de blanchisserie industrielle Elis a lancé jeudi une OPA hostile de 2,4 milliards d'euros sur son concurrent britannique Berendsen, espérant séduire directement les actionnaires de sa cible, après avoir été éconduit par ses dirigeants.

Elis, entré en Bourse en 2015 et qui totalise 25.000 employés, a soumis jeudi au britannique Berendsen une "offre améliorée" de 2 milliards de livres sterling (environ 2,4 milliards d'euros), rendue publique dans un communiqué, afin de convaincre directement les actionnaires du groupe basé à Londres.

Plus précisément, cette deuxième mouture propose l'équivalent de 11,73 livres par action Berendsen, payables en cash et en actions nouvelles.

Tout cela fait suite à une première proposition rejetée la semaine dernière par le conseil d'administration de Berendsen, équivalente à 11 livres par action, et qui n'avait pas été rendue publique jusqu'ici.

Le nouveau montant, supérieur de 36% au dernier cours de clôture de Berendsen à la Bourse de Londres, inclut 4,40 livres en numéraire et 0,426 action Elis à émettre, par action du groupe britannique.

Pour Elis, dont la croissance repose depuis dix ans sur des acquisitions, cette opération "constitue une opportunité unique de donner naissance à un leader pan-européen de la location-entretien d'articles textiles et d'hygiène".

"Le groupe combiné serait idéalement positionné pour générer de la croissance organique et procéder à de nouvelles acquisitions ciblées", insiste Elis.

Contactée par l'AFP, la direction d'Elis n'était pas joignable dans l'immédiat pour plus de commentaires.

- 'Opportuniste' -

Mais dès jeudi, le groupe britannique de blanchisserie industrielle Berendsen a sèchement refusé cette seconde offre de rachat, tout comme la première, son conseil d'administration estimant, dans un communiqué, qu'elle "sous évalue très significativement Berendsen et ses perspectives".

Le conseil d'administration va plus loin et ajoute qu'il "ne voit pas matière à de nouvelles discussions avec Elis".

Berendsen estime même que la tentative du français est "opportuniste", puisqu'elle intervient au moment où le britannique met en place un vaste programme d'investissement de 450 millions de livres, dont les bénéfices futurs ne sont, selon lui, pas correctement valorisés par Elis.

L'an dernier, Elis a réalisé un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros et dégagé un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 530 millions. Combiné à Berendsen, ses ventes annuelles s'élèveraient à 3,1 milliards et l'Ebitda à 960 millions.

Peu avant 14H00, à la Bourse de Paris, son cours affichait une baisse de 5,93%, à 18,80 euros, dans un marché en recul de 1,13%.

En 2015, Elis s'est introduit en Bourse afin de réduire sa dette et d'amplifier sa stratégie d'acquisitions. A cette époque, cela constituait l'introduction en Bourse la plus attendue de l'année.

Chez Elis, la croissance externe est un élément essentiel de sa stratégie. L'entreprise française a absorbé 45 concurrents en Europe depuis son rachat par la société d'investissement Eurazeo fin 2007. Le groupe a aussi pris pied au Brésil en acquérant fin 2013 le numéro un local Atmosphera.