Info

Hommage solennel pour d'Ormesson, populaire pour Johnny

dans

La France s'apprête, dans un exercice rare vendredi et samedi, à rendre un hommage solennel à l'académicien Jean d'Ormesson et, plus populaire, au rocker Johnny Hallyday, décédés à un jour d'intervalle.

Le destin a réuni dans la mort deux personnalités qui n'avaient qu'un seul point commun évident: des yeux bleus magnétiques.

L'académicien Jean d'Ormesson (né le 16 juin 1925), aristocrate bien-né, mais parfois surnommé la "rock-star des lettres" pour son abattage et son goût des télés, est mort dans la nuit de lundi à mardi d'une crise cardiaque à 92 ans.

Johnny Hallyday (né le 15 juin 1943), enfant abandonné, éduqué dans la rue mais qui plaisait à certains intellectuels, est mort à 74 ans d'un cancer du poumon, dans la nuit de mardi à mercredi.

- d'Ormesson: hommage national -

Un hommage national présidé par Emmanuel Macron sera rendu à Jean d'Ormesson aux Invalides.

Celui-ci diffère des obsèques nationales parce que ces dernières relèvent d'un décret du président et sont exclusivement à la charge de l'État. Les deux types de cérémonies sont réservées à des personnalités qui ont marqué le pays ou des militaires tombés pour la France.

Récemment, des personnalités comme Michel Rocard (2016) ou Simone Veil (2017) ont eu droit à un hommage national.

Les dernières obsèques nationales ont été organisées pour Aimé Césaire, en 2008, en Martinique. Cinq écrivains ont eu auparavant des obsèques nationales (Victor Hugo, Pierre Loti, Maurice Barrès, Paul Valéry et Colette).

- Johnny: "hommage populaire" -

La France va rendre samedi un "hommage populaire" sur les Champs-Elysées à Johnny Hallyday, suivi d'une cérémonie religieuse en l'église de la Madeleine au cours de laquelle M. Macron prendra brièvement la parole.

Le convoi funéraire descendra les Champs-Elysées de l'Arc de Triomphe à la Concorde avant de parvenir à la Madeleine, cas de figure exceptionnel pour un artiste.

Cet hommage devrait mobiliser de nombreuses forces de sécurité en raison du nombre de fans attendus pour saluer la mémoire de l'artiste.

- Le précédent Cocteau-Piaf -

La quasi-concomitance de décès de grandes figures n'a qu'un seul précédent en France. Edith Piaf, légende de la chanson, décède le 11 octobre 1963 six heures avant Jean Cocteau. La presse du lendemain fait ses gros titres sur Piaf, reléguant celle du poète au second plan.

Edith Piaf n'a pas eu droit à un hommage national, en raison de sa vie privée jugée dissolue par l'Église. Le convoi funèbre, parti de son domicile du boulevard Lannes (XVIe arrondissement de Paris) jusqu'au cimetière du Père Lachaise, a été suivi par 500.000 personnes. Au moins 40.000 sont ensuite venues lui rendre un dernier hommage au cimetière.

Jean Cocteau, l'artiste qui avait beaucoup d'admiration pour Piaf, a eu droit, lui, à des obsèques plus modestes: une dizaine de milliers de personnes à Milly-la-Forêt (Essonne) où il résidait. De nombreux académiciens étaient venus saluer leur confrère "immortel", comme Marcel Pagnol ou André Chamson.