Incidents à Bastia: des ultras en sommeil, en attendant les premières sanctions

Le groupe de supporters Bastia 1905, durant le match contre Lyon à Furiani, le 16 avril 2017
Le groupe de supporters Bastia 1905, durant le match contre Lyon à Furiani, le 16 avril 2017
afp.com - PASCAL POCHARD-CASABIANCA
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L'Association des ultras "Bastia 1905", impliquée dans les incidents du match de L1 contre Lyon arrêté dimanche, a annoncé "sa mise en sommeil" jeudi, alors que le club corse doit connaître les premières sanctions de la commission de discipline de la Ligue (LFP) tard dans la soirée.

"Bastia 1905 proclame sa mise en sommeil jusqu'à nouvel ordre", affirme dans un long communiqué le groupe de supporters, qui n'est plus en "capacité de pouvoir (se) réunir tout en maîtrisant la frustration accumulée, d'anticiper les comportements individuels, les réactions liées à la jeunesse, à la colère ou à la passion". Bastia 1905 prend "également acte de la réaction générale suscitée par ces événements", les interprétant "comme un désaveu et une fracture d'une partie du public" avec eux.

Bastia, le club, attend lui ses premières sanctions: ce jeudi soir, ses dirigeants sont longuement auditionnés par l'instance disciplinaire de la Ligue (LFP) qui doit mettre le dossier en instruction et prendre des mesures à titre conservatoire, attendues dans la nuit.

Le verdict final, lui, n'est pas espéré avant deux ou trois semaines. Mais la commission de discipline peut infliger dès cette nuit un huis clos partiel ou total, voire des matches sur terrain neutre pour les deux dernières rencontres à domicile des Bastiais, le 29 avril pour la réception de Rennes, et le 13 mai pour celle de Lorient.

- Cris racistes sur Balotelli -

Dimanche à Bastia, des supporters corses ont envahi la pelouse avant le coup d'envoi, prenant violemment à partie les joueurs lyonnais. Commencé avec près d'une heure de retard, le match a ensuite été officiellement arrêté à la suite de nouvelles échauffourées, survenues à la mi-temps.

Deux joueurs lyonnais, Anthony Lopes et Mathieu Gorgelin ont porté plainte contre X pour violence en réunion dans une enceinte sportive. Une enquête en flagrance pour "violences" a été ouverte par le procureur de la République à Bastia.

Le club corse, déjà lanterne rouge de Ligue 1, risque de lourdes sanctions à l'issue de l'instruction de la commission de discipline de la Ligue, notamment un retrait de points au classement qui pourrait définitivement compromettre ses chances de maintien dans l'élite.

D'autant qu'une menace planait déjà au-dessus de la tête de Bastia: après les cris racistes contre l'attaquant de Nice Mario Balotelli, les Bastiais avaient écopé d'un point de retrait avec sursis.

La commission de discipline devra également se prononcer sur le sort de la rencontre Bastia-Lyon, arrêtée à cause de ces troubles. Le match peut être rejoué ou la victoire attribuée à Lyon sur tapis vert.

- Etre 'intransigeant' -

Les deux clubs auront la possibilité de faire appel devant la FFF, mais tout cela dans un calendrier contraint, puisque la dernière journée du championnat a lieu le 20 mai.

Le club corse avait pris les devants mardi en annonçant la "fermeture à titre conservatoire de la tribune Est", celle d'où sont partis les ultras du groupe Bastia 1905, qui ont agressé les joueurs lyonnais.

Le SC Bastia assurait qu'il interdirait de stade "toutes les personnes ayant participé aux incidents et qui seront identifiées", et ce "pour la durée maximale définie par les textes". Il a également porté plainte contre X dans cette affaire.

Interrogé par l'AFP, le président du club Pierre-Marie Geronimi s'était dit mardi "inquiet" quant aux décisions de la commission de discipline. "Nous ne pouvons pas imaginer que l'avenir du SC Bastia soit en péril par la faute d'une minorité. On ne peut pas faire payer à tout un groupe sportif, à des salariés et à toute une île, le comportement de quelques personnes", avait-il souligné.

Les mesures prises par le club et Bastia 1905 suffiront-elles à convaincre la commission de discipline? Dimanche soir, tout en insistant sur l'indépendance de l'instance disciplinaire, la présidente de la Ligue Nathalie Boy de la Tour avait estimé auprès de l'AFP qu'il fallait être "intransigeant".