Iran: dix dates depuis la révolution islamique

Le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei lors du vote à la présidentielle, le 19 mai 2017 à Téhéran
Le guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei lors du vote à la présidentielle, le 19 mai 2017 à Téhéran
afp.com -

Rappel des dates-clés de la République islamique d'Iran, qui élit vendredi son président.

- Révolution islamique -

Le 1er février 1979, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny fait un retour triomphal à Téhéran après 15 ans d'exil, à la suite du départ du chah Mohamed Reza Pahlavi après des mois de protestations contre son régime.

Le 11 février, la radio iranienne annonce "la fin de 2.500 ans de despotisme et la chute de la dictature des rois".

Le 1er avril, la République islamique est proclamée.

- Otages américains -

Le 4 novembre 1979, de 300 à 400 étudiants, pour la plupart militants islamistes radicaux, franchissent le mur d'enceinte de l'ambassade américaine et prennent en otages les membres de la mission diplomatique. Ils dénoncent l'hospitalisation de l'ex-chah aux Etats-Unis et demandent son retour en Iran. La prise d'otage de 52 diplomates américains dure 444 jours.

Le 9 avril, l'administration américaine, déçue de ne pouvoir composer avec le régime, rompt ses relations diplomatiques avec Téhéran.

- Guerre Irak-Iran -

Le 22 septembre 1980, l'Irak lance son armée sur le territoire iranien après que Bagdad eut dénoncé les accords d'Alger de 1975 devant mettre fin au conflit frontalier entre les deux belligérants sur le fleuve Chatt al-Arab, frontière naturelle entre les deux pays.

Après l'acceptation par l'Iran de la résolution 598 de l'ONU, un cessez-le-feu entre en vigueur le 20 août 1988. La guerre a fait un million de morts dans les deux pays.

- Rafsandjani, conservateur modéré -

Après le décès en juin 1989 de Khomeiny, l'ayatollah Ali Khamenei, président depuis 1981, devient guide suprême.

En juillet, le conservateur modéré Akbar Hachémi Rafsandjani est élu président, puis réélu en 1993. Il mène la reconstruction de son pays après la guerre avec l'Irak et amorce une politique d'ouverture à l'Occident.

- Khatami, réformateur -

Le 23 mai 1997, le réformateur Mohammad Khatami est élu triomphalement président.

En juillet 1999, le régime est confronté à la plus importante manifestation de protestation depuis 1979. Des étudiants favorables à Khatami se heurtent aux forces anti-émeutes. D'autres manifestations estudiantines réprimées émailleront la présidence de Khatami.

Réélu en 2001, M. Khatami, qui a longtemps incarné l'espoir de la réforme, aura passé huit années à se battre contre les obstructions des conservateurs à ses projets.

- L'axe du mal' -

Début 2002, le président George W. Bush classe l'Iran comme un pays de l'"axe du mal" avec l'Irak et la Corée du Nord, l'accusant de vouloir "exporter le terrorisme" et de se doter d'armes de destructions massives.

Dès 1995, Washington avait décrété un embargo total contre l'Iran accusé de soutenir le terrorisme.

- Le populiste Ahmadinejad -

Le 25 juin 2005, l'ultra-conservateur populiste Mahmoud Ahmadinejad remporte la présidentielle. L'Iran reprend son programme d'enrichissement d'uranium.

Entre 2006 et 2010, l'ONU adopte six résolutions, dont quatre assorties de sanctions. Mais M. Ahmadinejad rejette toute suspension du programme nucléaire.

M. Ahmadinejad multiplie aussi les déclarations remettant en cause l'Holocauste, souhaitant qu'Israël soit "rayé de la carte".

- Premier contact Rohani-Obama -

Le 15 juin 2013, Hassan Rohani, un religieux modéré partisan d'une plus grande souplesse vis-à-vis de l'Occident pour mettre fin aux sanctions, est élu à la présidence.

Le 27 septembre, les présidents Barack Obama et Hassan Rohani se parlent au téléphone, un contact sans précédent à ce niveau entre les Etats-Unis et l'Iran depuis la révolution.

- Accord sur le nucléaire -

Le 14 juillet 2015, un accord historique sur le nucléaire avec les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) met fin à plus de 13 ans de contentieux sur le nucléaire. Il garantit le caractère civil du programme iranien en échange d'une levée sur dix ans des sanctions internationales.

Il entre en vigueur le 16 janvier 2016.

- Rupture avec l'Arabie -

Début janvier 2016, l'Arabie saoudite et ses alliés rompent ou réduisent leurs relations diplomatiques avec Téhéran après une crise déclenchée par l'exécution d'un dignitaire chiite saoudien. Depuis, l'Iran est accusée d'ingérence dans les affaires des pays arabes et d'attiser les conflits en Syrie, en Irak, au Yémen et à Bahreïn.