Irlande du Nord: mort de McGuinness, figure de l'IRA et du Sinn Féin

L'ancien vice-Premier ministre d'Irlande du Nord, Martin McGuinness, le 24 octobre 2016 devant le 10 Downing Street à Londres
L'ancien vice-Premier ministre d'Irlande du Nord, Martin McGuinness, le 24 octobre 2016 devant le 10 Downing Street à Londres
afp.com - DANIEL LEAL-OLIVAS
Le négociateur en chef du Sinn Féin, Martin McGuinness, s'adresse aux médias, le avant une marche dans Londres pour le 25e anniversaire du "Bloody Sunday", 25 janvier 1997 à Londres
Le négociateur en chef du Sinn Féin, Martin McGuinness, s'adresse aux médias, le avant une marche dans Londres pour le 25e anniversaire du "Bloody Sunday", 25 janvier 1997 à Londres
afp.com - DAVID GILES
Gerry Adams (d), leader du Sinn Féin, et Martin McGuinness, sortent du Parlement à Wastminster, le 19 mai 1997 à Londres Newly elected Sinn Fein MPs Gerry Adams (R) and Martin McGuinness leave Parliament at Westminster 19 May after challenging an order barring them from the premises for refusing to swear allegiance to the Queen.
Gerry Adams (d), leader du Sinn Féin, et Martin McGuinness, sortent du Parlement à Wastminster, le 19 mai 1997 à Londres Newly elected Sinn Fein MPs Gerry Adams (R) and Martin McGuinness leave Parliament at Westminster 19 May after challenging an order barring them from the premises for refusing to swear allegiance to the Queen.
afp.com - DAVID THOMSON
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Ancienne figure de l'IRA devenu vice-Premier ministre d'Irlande du Nord au terme du lent cheminement vers la paix du mouvement nationaliste républicain, Martin McGuinness est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 66 ans.

"C'est avec un immense regret et une immense tristesse que nous venons d'apprendre la mort de notre ami et camarade Martin McGuinness, mort à Derry au cours de la nuit. Il manquera cruellement à tous ceux qui le connaissaient", a annoncé son parti politique, le Sinn Féin, sur son site internet.

La Première ministre britannique Theresa May a salué le rôle qu'il a joué pour "sortir le mouvement républicain de la violence". "En agissant ainsi, il a apporté une contribution essentielle et historique au cheminement vers la paix en Irlande du Nord", a-t-elle ajouté.

Numéro deux de l'IRA à Derry pendant les événements du "Bloody Sunday", lorsque 13 républicains ont été tués par l'armée britannique le 30 janvier 1972, Martin McGuinness est mort des suites d'une maladie du coeur, selon plusieurs médias britanniques.

Devenu par la suite membre actif du processus de paix dans la province britannique, Martin McGuinness avait démissionné en janvier après un désaccord avec l'autre parti au pouvoir en Irlande du Nord, le parti unioniste DUP, ce qui avait entraîné de nouvelles élections. Il avait ensuite annoncé quitter la politique, évoquant de graves problèmes de santé.

"C'était un républicain passionné qui a travaillé sans relâche pour la paix et la réconciliation et pour la réunification de son pays. Mais il aimait par dessus tout sa famille et les gens de Derry (sa ville natale), dont il était immensément fier", a réagi le chef et leader historique du Sinn Féin Gerry Adams.

Le président irlandais Michael Higgins a lui aussi salué "l'immense contribution à la paix et à la réconciliation en Irlande du Nord" de l'ancien dirigeant de l'IRA.

- 'Républicain impénitent'-

L'ex-ennemi public N°1 avait été négociateur durant le processus de paix qui a mis fin à des affrontements entre nationalistes --majoritairement catholiques-- et unionistes --majoritairement protestants-- qui ont fait plus de 3.000 morts durant la période des "Troubles" (1967-1998) en Irlande du Nord.

"Le monde politique et les habitants de cette île regretteront ses capacités de leadership, dont il avait su faire preuve au cours de la période difficile du processus de paix, et son engagement pour la démocratie démontré à travers le développement des institutions en Irlande du Nord", a ajouté Michael Higgins.

Paré de son béret de "guérillero" à la Che Guevara, McGuinness a combattu la domination britannique durant les années les plus dures du conflit, lui valant d'être catalogué comme le "plus dangereux ennemi de la Couronne" par la presse britannique.

Passé en politique, le catholique avait refusé de siéger au Parlement de Westminster pour ne pas prêter allégeance à la reine.

Mais il avait fini par rencontrer Elizabeth II a plusieurs reprises, dont la dernière fois en juin 2016. A l'issue d'un entretien avec la reine, il avait confessé: "je suis un républicain impénitent mais je reconnais la grande contribution de la reine Elizabeth pour la paix et la réconciliation".

En 2002, il avait déclaré dans un documentaire: "ma guerre est terminée. Ma mission, en tant que dirigeant politique, est d'empêcher cette guerre (...), et cela me tient très à coeur".